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Meurtrière de son mari

Il y a trois jours, au quartier Medina 3, non loin de la Polyclinique, la rue grouille, comme toujours, de passants et de voitures. Soudain, une femme jaillit d’une maison proche, courant comme un lapin. Main sur le cœur, un homme la poursuit. La femme disparaît au coin de la rue, l’homme s’effondre, la poitrine en sang, sous les yeux ébahis des passants. « Elle m’a poignardé, arrêtez-la », gémit-il, d’une voix très affaiblie. Les curieux s’amassent, sans que personne ne songe à évacuer le blessé à l’hôpital. C’est donc sur place qu’il va agoniser, une heure durant, avant de décéder, sous les yeux de la foule. La police arrive enfin, puis le procureur de la wilaya Ouest qui ordonne une enquête. Le défunt est rapidement identifié. Il s’agit d’un citoyen sénégalais résidant en Mauritanie. La police arrête, le jour même, une suspecte, sénégalaise elle aussi. Au cours de son interrogatoire, elle reconnaît avoir poignardé son mari, par jalousie. « Il était sur le point d’épouser une seconde femme », se plaint-elle. De fait, c’est depuis quelque temps que les visites du monsieur s’étaient raréfiées. Son épouse lui téléphone, en lui demandant de venir. A son arrivée, elle exige de l’argent. « Voilà ce que j’ai », lui répond-il, en tendant un billet de mille anciennes ouguiyas. Le priant de l’attendre un instant, elle court acheter un couteau pointu au marché de la Polyclinique. De retour, elle poignarde illico son époux et s’enfuit. La meurtrière a été déférée puis écrouée à la prison des femmes. La dépouille du mari a été évacuée au Sénégal pour y être enterrée.

Règlement de comptes à Dar Naïm

La zone Nord de Nouakchott bat tous les records de délinquance et de crime. Certains quartiers, comme El Hay Sakin, Dar El Barka et 16 sont particulièrement risqués. De nombreuses bandes en liberté  y font la loi. Il y a deux semaines, un récidiviste connu pénètre, à une heure tardive, dans un domicile, pour cambrioler et violer. La maison ciblée par le bandit n’abrite qu’une femme et ses filles. Heureusement, cette nuit-là, trois hommes sont à demeure. Lorsque l’indésirable visiteur entreprend de forcer la grande porte, le trio se met en embuscade et voilà le voleur violeur pris comme un rat. Il passe donc un très mauvais quart d’heure.

La raclée que devrait subir, de ses victimes, tout criminel pris la main dans le sac, est filmée par un témoin qui la balance, en suivant, sur Facebook. En réponse, les malfrats du quartier se lancent à entretenir, dès les jours suivants, un véritable climat de terreur. Des dizaines de voitures sont volées  ou cambriolées. Chaque nuit a son lot de vols, viols, braquages et agressions qui ne visent que la zone en question. La police a reçu beaucoup de plaintes, témoignent les victimes, mais semble, jusqu'à présent, faire la sourde oreille. On pense que cette recrudescence soudaine du crime relève d’une campagne de solidarité des malfaiteurs envers leur compagnon lynché. Vengeance ou bras de fer ? L’apathie de la police laisse à craindre, en tout cas, que la loi, à Dar Naïm, n’est plus celle de l’Etat.

Le voleur, la voiture et la bourse

Les bourses de vente de véhicules se comptent par dizaines à Nouakchott. Pour la  plupart, au carrefour Madrid, d’autres au Ksar et à Tevragh Zeïna.  Des dizaines de voitures de toutes marques et sortes y sont exposées. Les clients tournent autour d’elles, la journée, pour faire leur choix. Vers huit heures,  les gérants laissent simultanément tourner le moteur de plusieurs de ces véhicules,  sous la surveillance d’un gardien, pour revenir les éteindre un peu plus tard.

Il y a quelques jours, le gérant d’une bourse près de l’ancienne centrale thermique abandonne ainsi six véhicules au ralenti, sous le contrôle d’un gardien. Trois jeunes hommes se présentent. Deux d’entre eux se dirigent vers le gardien et commencent à le questionner sur les prix des voitures exposées. Manifestement pour le distraire car le troisième s’est engouffré dans un véhicule dont le moteur tourne et le voilà démarrant en trombe.Le gardien court et s’agrippe à la portière, dont la vitre est restée ouverte, côté conducteur. Celui-ci le mord au poignet et le courageux surveillant ne peut que lâcher prise. La voiture disparaît vers le Sud. Les deux comparses du voleur se sont, eux aussi, éclipsés. Mais l’aubaine ne leur aura guère profité : le réservoir de la voiture contenait très peu de carburant et elle a été retrouvée, dès le lendemain, non loin du dispensaire suisse d’Arafat.

Notons que la police a  démantelé, tout dernièrement, une grande bande de voleurs de voitures forte de nombreuses ramifications dans tout le pays. Ses barons, notoires repris de justice, dorment actuellement en prison. A l’occasion de ce coup de filet, des dizaines de véhicules métamorphosés – peinture, plaques, numéros de châssis… – ont été récupérées.

Mosy

Source : Lecalame.info