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L’œil de Glez : qui va soigner l’Algérie ?

Uniforme contre blouse : la répression musclée d’un sit-in de médecins résidents est symptomatique d’une situation sociale algérienne tendue.

En matière de manifestations, on connaissait déjà un casse-tête : comment réprimer un cortège grognon de membres de forces de l’ordre munies de pancartes ? Après la dispersion violente d’un rassemblement de médecins, en Algérie, voici venue une autre énigme surréaliste : qui peut soigner des manifestants quand ceux-ci sont eux-mêmes les soignants ? De soins, des docteurs ont bien eu besoin, après la bastonnade qu’ils ont subie de la part des pandores, ce 3 décembre à Alger. Bilan établi par le Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra) : une vingtaine de blessés, dont un grave, ainsi que plusieurs arrestations.

Le mécontentement de cette frange revendicative du corps médical n’obstruait pourtant aucun carrefour. C’est à l’intérieur de l’hôpital universitaire Mustapha Pacha d’Alger que la police a pénétré pour mâter le sit-in de médecins résidents, à coups de matraque et sans ménagement. Bien sûr, les réprimés n’avaient qu’à tendre le bras pour atteindre les compresses et le mercurochrome. Mais tout de même : la section algérienne d’Amnesty International s’étonne d’une telle répression, dans un pays dont la Constitution garantit le droit de manifester.

La promesse du ministre de la Santé

C’est depuis le mois d’octobre que le Collectif de médecins résidents réclame une réforme des conditions de travail de ses membres. Si le ministre de la Santé, Mokhtar Hasbellaoui, a promis une réponse favorable à la plupart des doléances, il renvoie à son collègue de la Défense la question du service civil, de l’intérêt financier de celui-ci lorsqu’il est effectué dans des régions éloignées et de l’éventuelle dispense du service militaire.

C’est peut-être toute l’Algérie qui a besoin d’un chek-up…

Si les 15 000 médecins résidents ne sont pas les seuls à réclamer des réformes, le système de santé constitue toujours un baromètre important de l’État d’une nation, que ce soit en termes de pénibilité des travailleurs ou en termes de performance de ses prestations. Est-il utile de rappeler qu’en Algérie, comme au sommet de beaucoup de pays africains, les pontes soignent leurs petits bobos à l’étranger ? Le parcours médical du président Abdelaziz Bouteflika pourrait lui-même être reconstitué, comme un puzzle, de Grenoble à Paris, en passant par Genève. C’est peut-être toute l’Algérie qui a besoin d’un chek-up…

Source : Jeuneafrique.com