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« Silence papier » : la galère des vendeurs de journaux !

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« Silence papier » : la galère des vendeurs de journaux !

La presse papier n’alimente plus les kiosques et les bureaux depuis une dizaine de jours pour rupture de stocks du papier journal à l’imprimerie nationale.

Si les lecteurs assidus des journaux souffrent de cette situation inédite dans un pays doté d’institutions démocratiques- même si dans la pratique on foule au pied ses valeurs fondamentales, les vendeurs à la criée eux, endurent le plus cette brusque interruption des parutions.

MS, un des plus grands distributeurs de la presse au centre ville se plaint d’avoir en quelques jours être réduit au chômage car dit-il, « c’est la source ma de survie depuis des années ».

Comme lui, ses collègues attendent avec impatience la reprise des activités au plus vite sinon ils sont condamnés à une longue galère. Seul devant un tabac d’infortune garni de vieux journaux à côté, des cartes téléphoniques et autres objets achalandés sur son précieux étal, la déception se lit sur son visage. Avec les ventes des journaux, les petits revendeurs à la criée boostaient leur commerce et arrivaient à fidéliser une clientèle constituée en majorité de fonctionnaires des ministères et d’enseignants.

Des lecteurs « parasites » leur tenaient compagnie une bonne partie de la matinée. Depuis quelques jours, c’est le « silence papier ». Les autorités elles, semblent se complaire dans ce qui s’apparente à une volonté délibérée d’en découdre avec une presse mal considérée par les plus hautes institutions censées garantir la protection et en assurer la promotion. Parent pauvre de la démocratie, la presse privée joue pourtant son rôle dans la régulation du jeu démocratique dans le pays.

C’est la pionnière dans la dénonciation des scandales et autres abus politiques. Sa place ne saurait être supplantée par le numérique ou d’autres supports virtuels. Le plaisir du vrai lecteur au contact physique avec le papier est de loin incomparable à la relation avec l’ordinateur.

A qui profite le supplice ?

Source : Le Rénovateur Quotidien (Mauritanie)