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Algérie: drapeaux en berne et deuil «a minima» pour Abdelaziz Bouteflika

À Alger, les drapeaux sont en berne, samedi 18 septembre, au lendemain de la disparition de l'ancien président Abdelaziz Bouteflika à l'âge de 84 ans.

Le décès de l'ancien président Abdelaziz Bouteflika, vendredi 17 septembre, n'a pas suscité beaucoup de commentaires, que ce soit des autorités ou de la presse. Le gouvernement algérien n'a pas décrété de deuil national ni bouleversé le quotidien des citoyens et des citoyennes, samedi, tout en préparant discrètement les obsèques de celui qui fut, par quatre fois, président de la République.

Abdelaziz Bouteflika sera enterré à la mi-journée dimanche 19 septembre, dans le carré des Martyrs du cimetière d'El-Alia, à l'est d'Alger, auprès des héros de l'indépendance et de tous ses prédécesseurs. Le drapeau national restera en berne pendant trois jours, jusqu'à lundi inclus, partout dans le pays, sur décision du président Abdelmajid Tebboune. Et son frère Saïd pourrait même être autorisé à quitter la prison, où il est détenu officiellement pour des faits de corruption, pour rejoindre sa sœur Zhor et son frère Nacer lors de la mise en terre.

 

Voilà pour le dispositif officiel. Malgré ses vingt ans passés à la présidence et son très long parcours politique, le décès d'Abdelaziz Bouteflika n'est pas traité comme un événement majeur en Algérie. Samedi, il n'a fait l'objet que d'un entrefilet sur le site d'El-Moujahid, le quotidien gouvernemental, après avoir été annoncé par un modeste bandeau défilant, la veille, sur les antennes de la télévision publique. Selon l'AFP, radios et télévisions « s'en tenaient toujours à une brève, sans lui consacrer d'émission spéciale ».

« Bouteflika incarne un système qui a été honni par le peuple »

Saïdi Salhi, vice-président de la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme, « ne se réjouit pas de la mort d'une personne, quelle qu'elle soit ». « Mais pour le peuple algérien, Bouteflika fait partie du passé. Pour nous, il était absent depuis pratiquement 2013, depuis son quatrième mandat. Il n'a pas adressé la parole au peuple algérien durant tout un mandat. Il faut quand même rappeler qu'en 2019, Bouteflika a été démis par le peuple », confie-t-il, rappelant que l'ancien chef d'État « incarne un système qui a été honni par le peuple ».

« Bien sûr, c'est un événement. Mais aujourd'hui, le peuple algérien s'occupe plus du quotidien : la situation des libertés, le nombre de détenus d'opinion, la situation sociale, le pouvoir d'achat qui se dégrade de plus en plus, la pandémie, le changement climatique, les incendies... », reprend Saïdi Salhi.

Malgré tout, des messages de condoléances sont parvenus du monde entier. Le roi du Maroc, Mohammed VI, a ainsi adressé un message au président algérien Abdelmajid Tebboune et à la famille du défunt pour leur faire part de « ses vives condoléances et sa sincère compassion ». Un message remarqué alors que l'Algérie et le Maroc traversent une grave crise diplomatique, notamment autour de la souveraineté du Sahara occidental. En parallèle, d'après le site en arabe Sabqpress, la famille Bouteflika a reçu toute la journée de samedi la visite d'éminentes personnalités du Front de Libération nationale (FLN).

Source : RFI