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Me Mahfoudh Ould Bettah, président de la Convergence Démocratique Nationale (CDN) : ‘’Pour le candidat unique, les discussions ont fini par achopper sur les stratégies individuelles et les agendas partisans’’

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Me Mahfoudh Ould Bettah, président de la Convergence Démocratique Nationale (CDN) : ‘’Pour le candidat unique, les discussions ont fini par achopper sur les stratégies individuelles et les agendas partisans’’Le Calame - L’alliance électorale de l’opposition démocratique (AEOD) n’a pas réussi à s’entendre sur un candidat unique. Les discussions se sont enlisées presque. Sur quoi elles ont achoppé ?

Me Mahfoudh Ould Bettah : Je voudrais vous rappeler d’abord que le principe en politique est que chaque parti présente son propre candidat, à une échéance aussi importante que la présidentielle. La coalition étant l’exception. Les partis de l’alliance électorale de l’opposition démocratique (AEOD) ont opté pour cette exception.

Mais l’idée du retour au principe n’est jamais exclue pour la simple raison qu’on est en présence de pluralité de partis politiques qui obéissent, chacun, en ce qui le concerne à ses propres contraintes, notamment politiques. L’AEOD a été justement conçue dans la perspective de dépasser les logiques individuelles pour donner à l’opposition des chances de pouvoir peser d’un poids réel dans l’échéance de 2019.

Nous étions conscients de la nécessité, pour chaque parti et pour l’ensemble des partis de privilégier cette option. Il se trouve, malheureusement qu’on n’a pas pu aboutir à la concrétisation de cette ambition.

Et pour répondre précisément à votre question, les discussions ont fini par achopper malheureusement sur les stratégies individuelles, les agendas partisans et l’absence de soucis réels à donner toutes ses chances à l’option prise.

Aucune des options envisagées (candidature interne, candidature externe) n’a pu emporter le consensus qui est la règle sur laquelle se fondent les décisions des cadres d’action commune de l’opposition (AEOD, FNDU et COD).

Il y a lieu très justement, d’exprimer beaucoup de regrets pour l’échec de cette option.

A ce niveau, je voudrais exprimer la position de notre parti, CDN ; celle-ci consistait, dès la signature de la déclaration commune à exprimer notre soutien à toute candidature interne qui ferait consensus. Cette position était largement justifiée par le fait que l’opposition, s’est structurée en partis depuis 27 ans et qu’elle compte en son sein de nombreuses personnalités pouvant susciter des dynamiques électorales gagnantes et assumer, valablement la plus haute charge de l’Etat.

Nous n’avons jamais dénié, leurs qualités indéniables aux candidats externes proposés, mais nous ne comprenons pas, non plus, que l’opposition soit contrainte à recourir à des personnalités qui lui sont externes.

-Cet échec que beaucoup d’observateurs attendaient, y compris dans vos propres rangs, ne vient-il pas signer la fin du « copinage » au sein de l’alliance mais surtout au sein du FNDU ?

-Il est fort à craindre que l’échec de l’option du candidat unique ne soit le début de la fin, pas du « copinage », comme vous le dites, mais plutôt du partenariat qui a été privilégié, jusqu’ici, par les partis de l’opposition.

Ceci étant, lors de la dernière réunion de l’AEOD, il a été convenu de maintenir le cadre de celle-ci pour, à la fois, obtenir du pouvoir les conditions que requiert une élection transparente et de reporter les voix sur le candidat de l’opposition qui se retrouverait au 2e tour.

- Parmi les raisons avancées pour expliquer les divergences figureraient la question des financements pour battre campagne et la représentativité de certains candidats potentiels. Y’en avaient –il d’autres, comme des raisons idéologiques ou politiques ?

- Les raisons de cet ordre (financier) ont été avancées, pour privilégier l’une des options, mais on ne s’est pas attardé sur cet argument qui n’a pas emporté la conviction de certains. En revanche, les raisons politiques et idéologiques ont au fond pesé et fini par l’emporter.

-Par cet échec, l’opposition mauritanienne ne vient-elle de faire un énième deuil de l’alternance démocratique?

L’absence de candidat unique est une perspective qui semble éloigner pour certains les chances s’une alternance au profit de l’opposition : mais malgré tout la pluralité des candidats n’a pas que des inconvénients. Elle fournit l’occasion de présenter une offre politique diversifiée qui a des chances de toucher tous les segments que n’aurait pas pu mobiliser une candidature unique. Si les règes du jeu seront respectées, la pluralité des candidats cesse d’être un handicap et pourrait même devenir l’option la plus pertinente pour réussir l’alternance démocratique.

-Quel crédit donner à l’engagement de vos deux camps de se retrouver derrière le candidat de l’opposition qui réussirait à mettre en ballotage le candidat du pouvoir ? Quelles chances pourrait avoir, selon vous, cette hypothèse de 2e tour?

-L’hypothèse d’un 2e tour est fort envisageable si comme je l’ai dit tantôt, les règles du jeu sont claires et respectées. Rien ne permet, à ce stade de mettre en doute l’engagement des partis de l’opposition qui prendraient part à ces élections, de se retrouver derrière le candidat de l’opposition qui mettrait en ballotage le candidat du pouvoir ; je dirai même qu’il pourrait bénéficier des voix des autres partis et candidats recalés qui, au fond voudraient voir le pays s’offrir une nouvelle ère politique.

-Dans la perspective de la présidentielle, une délégation de l’AEOD a rencontré le ministre de l’intérieur, suite à une correspondance qu’elle a adressée au gouvernement. Qu’attendez-vous du gouvernement dans le cadre de l’organisation du processus électoral ? La refonte de la CENI ou tout simplement son aménagement dont on parle depuis quelque temps suffirait-elle à vous rassurer ?

-Effectivement, une délégation de l’AEOD dont j’étais membre a rencontré le ministre de l’intérieur, par deux fois. Il s’agissait, pour le ministre d’obtenir de l’AEOD des précisions sur les différent points soulevés dans la correspondance de l’opposition qu’il a reçue le 8 février. Cette correspondance comportait un certain nombre de points : politiques et techniques.

Sur le plan politique, l’AEOD avait réclamé l’ouverture politique, notamment la fin des poursuites contre certaines personnalités politiques, syndicales, de la presse et des affaires, poursuivies dans des affaires éminemment politiques, l’ouverture des media publics aux forces politiques et sociales du pays, l’arrêt de toutes les mesures qui restreignent ou mettent en cause les libertés, la fin de la diabolisation de l’opposition etc.

Au plan technique, l’AEOD a réclamé, non pas un réaménagement de la CENI, mais une refonte totale de celle-ci. La CENI a été constituée sur des bases qui violent les lois qui l’établissent et précisent les modes de désignation de ses membres.

L’AEOD a réclamé le respect de deux principes :

- La CENI doit être paritairement composée du pouvoir et de l’opposition

- Ses membres doivent être choisis sur des critères de neutralité et de probité.

L’AEOD a également réclamé la mise à jour de la liste électorale en vue de permettre à tous les mauritaniens, à la fois de l’intérieur que de l’étranger en âge de voter de pouvoir accomplir leur devoir civique. Comme elle a réclamé la neutralité de l’Etat (administration, justice et armée…)

Enfin, elle a demandé la mise en place d’un observatoire national des élections et la présence d’observateurs étrangers.

Dans sa réponse, le ministre a promis de soumettre notre requête au gouvernement et nous donner la réponse de celui-ci lors d’une prochaine rencontre. Force est de constater, pratiquement deux semaines après cette rencontre que la réponse tarde à venir.

-Que vous inspire la déclaration du président Aziz sur la candidature de son compagnon d’armes, le général Ghazwani qui, d’après lui aurait pris la décision personnelle de se porter candidat à la présidentielle avant de recadrer en affirmant qu’il est bien le candidat de la majorité et que lui-même, l’UPR et le gouvernement le soutiendraient activement ?

-Je n’ai particulièrement pas suivi les déclarations du chef de l’Etat sur la candidature du général Ghazwani. Je suppose, en revanche que l’actuel chef a exprimé la volonté ferme de l’Etat de présenter la candidature du général Ghazwani comme une émanation de son pouvoir, à la fois de lui-même, de son gouvernement et de son parti, l’UPR. L’objectif d’Ould Abdel Aziz est d’encadrer au plus près, celui auquel, le pouvoir, selon lui, va échoir.

Ceci étant dit, le candidat Ghazwani semble vouloir se soustraire à cette emprise, en se déclarant candidat indépendant, ouvert à toutes les forces politiques et sociales autres que celles du pouvoir. Il est fort à craindre que le souci du chef de l’Etat sortant de continuer à peser de son poids sur le cours des choses et le souci légitime du candidat d’exercer la plénitude de sa charge sans en référer à son prédécesseur, ne soient l’occasion d’une rupture entre les deux hommes, qui, il faut l’espérer n’affectera pas la stabilité du pays et le bon fonctionnement de ses institutions.

-Au cours de cette sortie, le président Aziz a démenti les rumeurs selon lesquelles plus de 2 milliards de Dollars seraient gelés dans une banque à Abu Dabi, sur ordre des autorités américaines. L’énormité de la somme laisse beaucoup sceptiques. Que vous inspirent ces rumeurs qui interviennent en fin de règne d’Ould Abdel Aziz ?

Cette affaire n’et pas avérée, à ce stade, c’est pourquoi, vous me permettrez de ne pas en parler. Il s’agit de rumeurs comme vous le dites.

-A en croire certaines rumeurs, des partis politiques d’obédience négro-africaine seraient en discussion pour désigner un candidat unique. Que pensez-vous de cette option ?

- Je respecte le choix de tous mes compatriotes, mais je pense qu’il est temps que l’élite mauritanienne dépasse le cadre communautariste, tribaliste et régionaliste, notre peuple n’en a que trop souffert. Il faut que cette élite s’élève au dessus de ces loyautés et qu’elle accorde la primauté à la loyauté au pays et à la communauté nationale, dans sa globalité.

Les pouvoirs autoritaires se nourrissent de nos clivages et divisions communautaires. Un peuple divisé est une proie facile pour les régimes despotiques et corrompus.

-Votre parti, comme d’autres, a été victime d’une mesure de dissolution prise par le ministère de l’intérieur. En réaction, vous avez qualifié cette mesure de nulle, d’arbitraire et d’infondée. Que comptez-vous faire pour défendre vos droits ?

-La Convergence démocratique nationale (CDN) a été effectivement victime d’une mesure de dissolution qui manque manifestement de base légale. Les dispositions de l’article de la loi 24 – 2012, relatif à la dissolution ont été expressément abrogées par la loi 31 -2018. Cette dernière ne dispose que pour l’avenir, en vertu du principe qui voudrait que les lois ne sont pas rétroactives et sous la loi de 2018, il n’y a eu qu’une seule élection.

De plus, à considérer même que les dispositions de la loi 2012 n’ont pas été abrogées, ces dispositions ne sont pas applicables à la CDN parce qu’elle ne prévoit la dissolution que pour deux cas de figure seulement. Soit, une double participation, à l’occasion de l’une d’elle, le parti n’a pas obtenu le pourcentage requis, soit une double non participation successive. Or, notre parti, comme du reste plusieurs autres ont boycotté les élections de 2013 avant de participer à celles de 2018. A considérer que le boycott est une non participation, on n’aura pas participé une fois en 2013, et participé une fois, en 2018.

Or, ce cas de figure n’est pas envisagé par la loi, en plus du principe que les lois qui portent sanction ne peuvent être appliquées à des cas qui n’y sont pas expressément énoncées…Si elles doivent être interprétées, c’est au profit de la partie contre laquelle leur application est requise.

Par ailleurs, il est à noter que les élections ayant fondé cette mesure sont des élections frauduleuses, et nous en avons en avons fait, nous en particulier à la CDN, les frais. Les instructions ont été données aux présidents des bureaux de votes, sur l’ensemble du territoire national, de falsifier nos résultats. Nous avons plusieurs extraits de PV, obtenus par forcing où nos résultats ont été complètement modifiés au niveau de la CENI.

Tenez, pour illustrer mes propos, je vous cite le bureau de Benar, arrondissement de Male. Notre candidat a obtenu 217 voix mais la CENI ne lui reconnait officiellement que 4 voix. C’est le cas à Hachi Cheggar, à Sélibabi, dans les Hodhs et ailleurs. Apparemment, il y a comme une instruction pour réduire à néant nos résultats. Il y a lieu de préciser que nous étions par notre présence le 2è parti d’opposition après Tawassoul du point de vue du nombre de listes présentées par notre Parti : 63 listes municipales, 102 candidats à la députation et 9 listes régionales, ce qui a du effrayer le Pouvoir.

Nous avons la conviction que le peuple mauritanien n’a rien à nous reprocher, au contraire, il apprécie notre engagement pour la chose publique ; en revanche, le pouvoir en place nous en veut particulièrement parce qu’il a toujours considéré que nous sommes une opposition radicale ; il n’a pas donc hésité à se faire plaisir de nous créditer d’un pourcentage sur la base duquel, il finira par dissoudre notre parti.

A ce stade, nous avons introduit un recours en annulation contre cette mesure devant la Cour Suprême. Nous avons en même temps introduit une demande en sursis à exécution de l’arrêté du ministère de l’intérieur.

Propos recueillis par Dalay Lam
Source : Le Calame (Mauritanie)

 

 

ENTRETIEN AVEC MOUHAMMAD BOUN ABDALLAH DIONNE : « Au cours du premier mandat, nous avons pu créer 491.000 emplois net »

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ENTRETIEN  AVEC MOUHAMMAD BOUN ABDALLAH DIONNE : « Au cours du premier mandat, nous avons pu créer 491.000 emplois net »L’As : Monsieur le Premier ministre, vous êtes coordonnateur du pôle programme du Président Sall, a deux jours du scrutin, quelles sont vos impressions sur cette fin campagne ?

Mohammad Bon Abdallah Dionne :

Je pense que le peuple a montré sa grande adhésion à la perspective de développement proposée par le président Macky Sall : le Plan Sénégal émergent. Depuis le début de la campagne, on a vu des témoignages de sympathies et d’adhésion à l’homme Macky Sall en ce qu’il représente comme sagesse comme stabilité pour le Sénégal. On a vu également de grands témoignages par rapport à sa vision du développement, une vision dont le caractère distinctif passe par sa grande volonté d’embarquer tous les Sénégalais, de ne laisser personne à bord sur la voie de l’émergence. Cela s’appelle l’inclusion sociale, c’est l’axe 2 du Plan Sénégal émergent.

On sait que l’emploi de jeunes a été un de ventre mou du régime. Comment envisagez-vous d’inverser la tendance, en cas de réélection ?

Mais non, il n’y a  pas de problème avec l’emploi des jeunes. Aujourd’hui, le problème structurel que nous avons, c’est que par génération de 200 000 chercheurs d’emploi qui arrive sur le marché  chaque année. 45%de cette génération sort de l’école ou des daaras sans formation, sans métier. C’est pourquoi, le président de la République, même au cours de son premier mandat, a mis l’accent sur la formation professionnelle. Quand on veut régler le problème de l’emploi, nous avons deux leviers : Le premier, c’est l’offrede travail, c’est à dire les jeunes. Si vous avez 45% de jeunes qui investissent le marché de l’emploi, il faut investir massivement sur le marché du travail. Quand le président Macky Sall est arrivé au pouvoir à peine 5% de cette génération étaient orientée vers le système de la formation professionnelle. Tout le reste était dans l’enseignement général. Le président a donc investi massivement dans la création partout sur le territorial national, de centres de formation professionnelle. Vous l’avez vu inaugurer à Nioro, un centre doté de tous les équipements techniques nécessaires pour un investissement de 1,4 milliard. Vous m’avez vu inaugurer, au nom du chef de l’Etat, un centre de formation professionnelle à Gossas pour un investissement de 1,2 milliard. Partout le Président a mis en place de telles structures pour arriver justement à 15% au moins par génération orientée vers la formation professionnelle. L’objectif qu’il fixe à travers le Pse,   c’est que 30% des jeunes de chaque génération de jeunes, puissent être orientés vers la formation professionnelle. C’est comme cela que nous allons résoudre le problème de l’employabilité des jeunes. C’est la première mesure sur l’offre du marché. Un marché, c’est une offre, mais c’est aussi une demande. La demande vient du système productif. Le système de production, ce n’est pas que l’administration, c’est aussi le secteur privé. Je pense que le secteur privé a joué sa partition. Sur le premier mandat, nous pouvons dire que le secteur privé a investi et c’est ce qui nous vaut la croissance et elle a créé beaucoup d’emplois. Avec le Pse, dés 2015, nous avons créé avec le secteur formel, 70 0000 emplois par an. Aujourd’hui, nous tournons autour de 80 000 emplois par an. C’est pourquoi au cours du premier mandat, nous avons pu créer 491 000 emplois nets. Ce qui veut dire que les 500 000 emplois promis est un objectif atteint. Mais l’ambition du président est de faire plus. Sur le côté offre de travail, il dit : « Je mettrai dans chaque département grâce à un programme d’investissement public de 50 milliards, un centre de formation professionnelle pour les jeunes garçons et les jeunes filles du pays».

A Pikine, Macky Sall a fait une promesse de 1 million d’emplois pour les 5 ans à venir…

L’objectif est que chaque élève ait un métier et soit prêt à être employé. Et du côté de l’offre avec tout ce que nous faisons, en matière derenforcement de capacité que cela soit dans le secteur de l’agriculture, la pêche, de  l’élevage, de l’artisanat, que cela soit les industries qui arrivent avec les Zones économiques spéciales,   que cela soit avec les emplois verts, nous pensons que l’objectif d’un million d’emplois que s’est fixé le président est largement à notre portée. Je vous donne quelques exemples : Le Président vient de mettre en place le Pse vert pour s’occuperde la reforestation durable du territoire national.  Cela, c’est 50 000 emplois nouveaux, c’est du concret à travers l’Agence sénégalaise de la protection des forêts, nous perdons 40 000 ha par an du fait de l’homme. Pour ce qui est des Domaines agricolescommunautaire, il y a quatre nouveaux Dac, en construction avec la Banque islamique de développent.  C’est 30 000 emplois. Il y a également la Zone économique spéciale au niveau de Diamniadio  avec  un investissement  de 25 milliards  pour héberger des industries dont une qui a délocalisé ses activités du Rwanda, c’est environ  1000 emplois par an.  Le chef de l’Etat a signé avec son homologue chinois pour la phase 2. Ce qui permettra auparc industriel de s’étendre sur 50 hectares pour permettre  à des entreprises de s’y installer. Chaque entreprise, c’est au moins  dix mille emplois. Rien que sur Diamniadio ce sera 250 000 emplois dans la ZES de Diamniadio.

A vous entendre, on a comme l’impression  que le deuxième mandat est déjà plié alors qu’on est en campagne …

Mais, non ce sont des projets. Permettez-moi de conclure pour montrer la pertinence de ces idées. Pour le deuxième mandat, le Président a prévu dans son programme, « le programme sectoriel, Zéro bidonville », c’est 100 0000 logement, par an, c’est 20 0000 logements par an, soit 200 00000 jeunes qui seront employés. Compte non tenu des 80 000 emplois du secteur privé et des emplois générés par l’administration. Ce n’est pas du rêve, tout a été calculé et travaillé. Là nous sommes dans le concret, je ne parle même pas de l’impact que l’exploitation du pétrole et du gaz aura sur l’économie notamment avec la loi sur local content.

Les autres candidats ont aussi des programmes aussi alléchants…

Mais non, ils n’ont pas de programme. Une liste de vœux pieux, ce n’est pas un programme. Un programme, il doit être articulé. C est pourquoi, je tenais à vous livrer des détails précis sur notre programme. Regardez ce qui se dit. Mais, ils n’ont fait que du plagiat. Certains veulent même créer le pôle de développement de la Casamance que nous avons déjà créée. Les pôles territoires c’est l’acte 3 de la décentralisation. J’ai entendu un autre candidat parler de l‘introduction de l’anglais, mais cela c’est du plagiat.  Le programme du président Macky Sall, c’est le rendez-vous avec avec l’avenir : «Liggeeyal euleuk ». Il est dans le temps de l’action, mais il est aussi dans le temps du futur. Le Pse l’horizon c’est 2035. Il transcende le mandat du Président. Les trois piliers qui vont être intégrés dans le quantum horaire, c’est l’anglais. Aujourd’hui, l’espace numérique est dominé par l’anglais. Il dit : «Je mettrai l’anglais depuis le primaire».  Le deuxième pilier c’est l’informatique. Et enfin, le président a commandé la réécriture de l’histoire du Sénégal par nos meilleurs historiens, nos meilleurs historiens. Parce que pour le président après l’anglais et l’information, le troisième pilier, c’est l’histoire.  Ce qui nous permettra de nous connaître.

Vous avez qualifié Idrissa Seck de faussaire. Sur quoi fondez-vous vos accusations.

J’ai taquiné Idrissa Seck. Mais quoi que l’on dise, Idrissa Seck doit des explications aux Sénégalais. Il a été Premier ministre. Dites-moi ce qu’il a fait dans ce pays. Son bilan se régime aux chantiers de Thiès et à leurs conséquences. Mais les diplômes, je n’en parlerai pas. Mon oncle me disait : «Méfie-toi de deux personnes : celui qui a redoublé la terminale et celui qui a repris le Cm2 parce qu’ils ont le complexe de leur génération».

Vous parlez de Idrissa Seck qui est devenu quand même brillant après Hec.

On peut tout dire, je ne taquine personne, mais on se connaît tous. On sait qui est qui.  On se connaît bien.  Il se dit aussi qu’il a fait Hec. C’est ce qu’il a mis dans son CV, mais la classe préparatoire, ce n’est pas Hec.

Vous pronostiquez une victoire au premier tour. Cela est-il possible, à la lumière des foules drainées de part et d’autre des camps dans cette campagne?

Je sûr que le Président va passer au premier tour.  Vous voyez ce qu’il a fait. Personne ne discute de son bilan.  Lorsque j ai annoncé que 5 candidats seulement allaient passer le tamis du parrainage, je fondais cela sur le fait que n’eut été le plus fort reste, certains candidats qui parlent n’auraient pas siégé à l’Assemblée.

Ousmane Sonko en fait partie, mais là son poids électoral a flambé. Il ne vous inquiète pas…

Personne ne nous inquiète. Nous avons un candidat qui incarne la stabilité nationale. Vous savez là où nous sommes, c’était le bureau de Modibo Keïta, Président de la Fédération qui nous liait au Mali.  Vous voyez ce qui se passe dans ce pays frère agressé par de forces obscurantistes, salafistes qui déstabilisent le Mali et veulent avoir un débouché sur la mer, c’est à dire Dakar. Rendons donc hommage à l’action sécuritaire et diplomatique du Président Macky Sall qui nous a préservé jusque-là de ce type de menaces présentes à nos frontières. Aujourd’hui, le discours que j’entends de certains candidats montre qu’ils ne méritent pas le suffrage des Sénégalais, parce qu’ils portent en eux les germes de l’instabilité. J’ai écouté avec tristesse un candidat dire, à partir de Richard Toll, que le fleuve Sénégal est un fleuve 100% sénégalais, parce que de l’autre côté, il y a des Sénégalais.  Et que lui n’a pas peur de l’occident à plus forte raison de la Mauritanie.

Il s’agit de Ousmane Sonko ….

C’est lui qui l’a dit. Vous l’avez tous entendu. C’est facile d’être belliqueux, mais si c’est pour déstabiliser son pays, déstabiliser la paix dans la sous-région, menacer les frontières qui existent, cela devient de la paranoïa. Il faut dénoncer avec vigueur ce discours, parce qu’il n’a pas sa place dans un pays. Nous avons des ressources en commun avec la Mauritanie. Nous avons un peuple frère et ami avec la Mauritanie.  Vous n’êtes même président de groupe parlementaire, vous menacez. Que se passera-t-il le jour où vous deviendrez chef suprême des armées ? Heureusement, les Sénégalais ne sont pas dupes. Ils savent distinguer la bonne graine de l’ivraie.   Et c’est comme cela qu’ils vont réélire le Président Macky Sall qui incarne la stabilité de la sous-région et du pays.

Sur les questions de bonne gouvernance, votre régime est constamment critiqué. On vous accuse également d’instrumentaliser la justice avec notamment le cas Khalifa Sall ?

(Il nous coupe) Ecoutez, ce sont les juges qui jugent en toute conscience et en toute liberté. En tant que Premier ministre, je ne connais pas les juges, je ne les reçois pas et je n’ose leur parler. Vous voyez un chef d’Etat appeler un juge pour lui donner des instructions ? Non, mais à la minute qui suit, il convoque une conférence de presse. L’Exécutif travaille avec le procureur qui est l’avocat de la société. Et le justiciable a ses avocats. Le Président ne met personne en prison, c’est la loi qui met les gens en prison. Le Prison n’acquitte personne.

Me Wade menace d’empêcher la tenue de la présidentielle…

Nous sommes à quelques heures de la fin de la campagne, je voudrais appeler à l’apaisement.  Le Sénégal est un et indivisible. Nous aimons tous notre pays, il nous faut des plages de convergence. Le Président est un homme de dialogue et bien éduqué. Aujourd’hui, le Conseil Constitutionnel a validé cinq candidats. La campagne est en train de se dérouler, nous regrettons l’incident à Tambacounda. Nous le déplorons tous, maintenant il appartient à la justice d’en tirer les conclusions. Ce dont il s’agit, c’est d’aller à la rencontre du peuple sénégalais et pour l’Etat de faire respecter le droit du peuple à choisir ses dirigeants. C’est un rendez-vous par cinq.  Je pense que le Sénégal qui vote depuis les années 1840 ne mérite pas certains propos qui ne sont plus de cette ère. La démocratie sera respectée. Les suffrages seront protégés par l’Etat. Le vote aura lieu et Macky Sall va continuer à servir le pays Inchallah

Entretien conduit par Amadou BA

Entretien avec Philippe Hababou Solomon, l’intermédiaire qui a introduit Alexandre Benalla en Afrique

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L'homme d'affaires franco-israélien explique à Jeune Afrique comment il a fait la connaissance d'Alexandre Benalla et dans quelles conditions il s'est rendu avec l'ancien chargé de mission de l’Élysée au Congo-Brazzaville, au Cameroun et au Tchad.

Philippe Hababou Solomon aurait-il « pris sous son aile » Alexandre Benalla s’il avait su que les déplacements en Afrique de l’ancien chargé de mission de l’Élysée susciteraient une telle polémique ? Polémique à laquelle l’homme d’affaires franco-israélien se retrouve mêlé bien malgré lui.

Comme l’a révélé le journal Le Monde, c’est en compagnie de cet ancien conseiller spécial de l’ex-président sud-africain Jacob Zuma qu’Alexandre Benalla s’est rendu au Congo-Brazzaville, au Cameroun puis au Tchad. En France, la polémique ne cesse d’enfler depuis qu’il est avéré qu’Alexandre Benalla s’est déplacé sur le continent avec l’un de ses deux passeports diplomatiques. Une enquête préliminaire a d’ailleurs été ouverte par le parquet de Paris.

Né en Tunisie, Philippe Hababou Solomon, 63 ans, a eu mille vies. Il fut joaillier place Vendôme, condamné en France pour faux et usage de faux, il a côtoyé Bernard Tapie ainsi que l’ancien patron d’Elf, Loïk Le Floch-Prigent, et fut proche de l’ancien président centrafricain François Bozizé, qui le nomma un temps consul de la RCA en Israël.

Après avoir été pendant quelques années le conseiller spécial du président Jacob Zuma, à partir de 2011, il accompagne désormais le gouvernement du Qatar dans sa stratégie africaine et s’enorgueillit d’être l’un des artisans du rapprochement diplomatique entre l’émirat du Golfe et le Tchad. Philippe Hababou Solomon explique à Jeune Afrique dans quelles conditions il a fait la connaissance du sulfureux Alexandre Benalla et pourquoi l’ancien conseiller d’Emmanuel Macron l’a accompagné dans plusieurs de ses missions en Afrique.

Jeune Afrique : Comment avez-vous rencontré Alexandre Benalla ?

Philippe Hababou Solomon : Par un ami commun, qui m’a parlé de lui après le scandale du 1er mai 2018. Il m’a dit : « C’est un bon garçon, aide-le, sort-le de France… » Au départ, je n’étais pas très chaud. J’ai tout de même accepté de le rencontrer à Paris, début octobre. Il m’a dit qu’il voulait se lancer dans le consulting. J’ai découvert un garçon brillant, attachant, avec un bel avenir devant lui. Je comprends pourquoi Emmanuel Macron s’est attaché à lui. Alexandre est parfois impulsif, mais il est aussi réservé et timide.

Nous sommes allés au Congo-Brazzaville mi-octobre ; en Turquie et en Israël mi-novembre, avec des Indonésiens ; puis au Cameroun, et enfin au Tchad le 5 décembre

Vous avez donc décidé de travailler avec lui ?

Ce n’était pas mon employé, mais plutôt un compagnon de voyage. Je l’ai pris en apprentissage, si vous préférez. Nous sommes allés au Congo-Brazzaville mi-octobre ; en Turquie et en Israël mi-novembre, avec des Indonésiens ; puis au Cameroun, et enfin au Tchad le 5 décembre.

Dans quel cadre ?

Au Congo, j’accompagnais l’ancien Premier ministre de la Guinée-Bissau, Umaro Sissoco Embalo, qui compte se présenter à la prochaine élection présidentielle et dont Denis Sassou Nguesso est le mentor. Nous avons dîné avec le chef de l’État dans son village d’Oyo.

Au Cameroun et au Tchad, nous accompagnions une délégation turque de Barer Holding [une joint-venture entre le Qatar et la Turquie qui possède une grande usine au Soudan, ndlr]. Je les avais aidés à boucler la livraison d’uniformes à l’armée tchadienne, pour 5 millions de dollars. Barer veut désormais relancer la Manufacture d’équipements militaires (Manem).

À Yaoundé, nous avons également évoqué la vente d’uniformes aux forces de sécurité camerounaises et la construction d’une usine de textile – militaire et corporate. Nous avons rencontré le directeur de cabinet du président Biya et le chef d’état-major des armées.

Comment les personnalités africaines que vous avez rencontrées ont-elles réagi à la présence d’Alexandre Benalla à vos côtés ?

Avec curiosité et amusement. Benalla est franc-maçon, comme Denis Sassou Nguesso : ça rapproche… Lorsque le directeur de cabinet de Paul Biya a su qu’il était présent, il a tenu à le rencontrer. Nous avons discuté tous les trois pendant 1h30. Il s’est plaint du manque d’intérêt de la France envers ses anciennes colonies.

Après notre rendez-vous d’affaires avec Idriss Déby Itno, celui-ci a demandé à Benalla de rester un peu avec lui. Il lui a parlé de la percée russe en Afrique, notamment en Centrafrique, estimant que c’était le résultat de la non-politique de la France. En gros, tous ont exprimé leur regret de voir la France s’éloigner de l’Afrique. Ils ont le sentiment que Franck Paris [le monsieur Afrique de l’Élysée, ndlr]) ne les aime pas, et qu’il n’aime pas le continent en général.

Benalla a-t-il fait part de ces doléances à l’Élysée ?

Je l’imagine, sans toutefois en avoir la certitude. Alexandre est toujours en contact avec certains jeunes conseillers d’Emmanuel Macron. Je pense d’ailleurs que c’est ce qui n’a pas plus à Franck Paris. C’est lui qui, en retour, a déclenché les hostilités et qui est le premier responsable de cette nouvelle affaire Benalla.

C’est lors de notre séjour sur place, à N’Djamena, que nous avons appris que le président français s’y rendrait

Que pensent ces chefs d’État de la polémique en cours en France ?

Idriss Déby Itno et son entourage en rigolent. Ils savent bien que Benalla n’était pas à N’Djamena pour préparer la visite du président Macron : il n’était pas en mission pour l’Élysée. D’ailleurs, c’est lors de notre séjour sur place que nous avons appris que le président français s’y rendrait.

J’imagine que Denis Sassou Nguesso n’a pas apprécié que Franck Paris l’appelle directement à ce sujet pour lui signifier que personne d’autre que lui ou le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, et le conseiller diplomatique du président, Philippe Étienne, ne pouvait parler au nom du président français. En général, un chef d’État ne reçoit pas d’appel d’un simple conseiller, mais de son homologue.

Saviez-vous qu’Alexandre Benalla voyageait avec un passeport diplomatique français ?

Oui, bien sûr. J’ai trouvé ça un peu surprenant, mais ce n’était pas la première fois que je voyais ça. Personnellement, je voyage avec un passeport diplomatique bissau-guinéen. Alexandre Benalla m’a dit que ses passeports lui avaient été rendus avec ses autres effets personnels, début octobre. Si la France avait vraiment voulu l’empêcher de les utiliser, elle aurait très bien pu les désactiver.

Continuerez-vous de travailler avec lui ?

Nous devions nous rendre ensemble dans un pays d’Afrique de l’Ouest, mais je vais sans doute attendre pour cela que cet emballement médiatique se soit calmé. En tout cas je ne vais pas le lâcher ! Par contre, Benalla ne passe pas tout son temps avec moi, cela a été très ponctuel. C’est un électron libre qui cherche sa voie. Il est assez sollicité et connaît beaucoup de monde en France.

Source : jeuneafrique.com

 

Ould Sidi Babe : le renoncement des comploteurs en 1979, au Sahara occidental est inacceptable...

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Vidéo. Ould Sidi Babe : le renoncement des comploteurs en 1979, au Sahara occidental est inacceptable...L’ancien ministre Ahmed Ould Sidi Babe a déclaré, que la renonciation des officiers de l’armée, qui ont comploté contre l’ancien président Mokhtar Ould Daddah, au Sahara occidental est inacceptable car il a cédé une partie du territoire national, dont les raisons de sa défense se justifient clairement.

Il est donc inacceptable que les comploteurs viennent sceller un accord qui change les données. Ould Sidi Babe, qui s’exprimait dans le cinquième épisode de l’émission "carnets nationaux", a ajouté que cette concession du territoire est contraire à ses positions lui et ses collègues du gouvernement renversé.

Ceci m’a poussé d’ailleurs – à l’époque- a dénoncé une lettre (de soutien) adressée par mon groupe social (tribu), au comité militaire d’antan, dans laquelle, certains y ont inséré mon nom. Je suis allé rencontrer le Wali de l’Adrar pour m’assurer que mon nom ne figure pas dans cette lettre.

Source : http://nawafedh.com/
Traduit par adrar.info




 

Selon le diplomate algérien Lakhdar Brahimi, « contrairement à ce que pense Donald Trump la souveraineté n’exclut pas le multilatéralisme »

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Donald Trump, guerre en Syrie, relations entre le Maroc et l'Algérie... L'ex-ministre algérien des Affaires étrangères (1991-93) livre sa vision de diplomate averti sur les grands dossiers qui agitent le monde et le Maghreb-Moyen-Orient.

Même s’il a été relevé en mai 2014 de ses fonctions de médiateur de l’ONU et de la Ligue arabe en Syrie, Lakhdar Brahimi, 84 ans, est toujours membre de trois centres de recherches – l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri), le Global Leadership Foundation (GLF) de Frederik De Klerk et les Global Elders, fondés par Nelson Mandela. Dans cette interview, prélude à un entretien fleuve à paraître dimanche 9 décembre dans le numéro 3022 de Jeune Afrique, l’Algérien se livre.

Jeune Afrique : Pensez-vous, à l’instar d’Emmanuel Macron, que l’ONU peut finir comme la SDN, c’est-à-dire comme un symbole d’impuissance ?

Lakhdar Brahimi : Elle a vécu quand même un peu plus longtemps que la SDN, déjà. Il faut espérer que Monsieur Macron et les autres ont compris quand même les leçons de l’échec de la SDN, et qu’ils feront en sorte que la même chose n’arrive pas à l’ONU. Cela dépend d’eux. C’est leur organisation, ce n’est pas celle du secrétaire général.

En septembre dernier, la dernière Assemblée générale de l’ONU a été marquée par un discours du président américain Donald Trump contre « le globalisme » et pour « la souveraineté des États ». Au vu des derniers événements, les faits ne lui donnent-ils pas raison ?

(Rires). Je ris parce que Monsieur Trump semble parler le même langage que nous, les gens du Sud, qui avons parlé souvent de l’importance du respect de la souveraineté des États. Mais je crois que ce n’est pas tout à fait la même chose, car notre idée de la souveraineté n’exclut absolument pas, au contraire, le multilatéralisme.

Monsieur Trump parle de souveraineté, mais je crois que personne ne menace sérieusement la souveraineté des États-Unis. Dans sa bouche, le mot « souveraineté » veut dire « Non au multilatéralisme ». Cela veut dire : « Moi, la grande puissance, je veux parler à chacun tout seul. »

Lors de la même Assemblée générale, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a été assez alarmiste en déclarant : « L’ordre mondial est de plus en plus chaotique. Le monde multipolaire n’est pas une garantie contre la guerre. Regardez ce qu’il s’est passé en 1914… »

Oui, j’ai vu deux ou trois fois Monsieur Guterres depuis qu’il a pris ses fonctions. Et effectivement, il est un peu alarmé – je ne dis pas alarmiste – par ce qui se passe, et je partage absolument ce qu’il dit au sujet de 1914. En janvier 1914, il paraît que personne ne prédisait qu’il y aurait une guerre au mois d’août suivant. Ici, nous sommes dans cette situation.

Nous ne sommes pas à l’abri d’une erreur de calcul, d’un événement qui puisse déclencher quelque chose qu’on ne pourra pas arrêter

Nous voyons un tas de dangers qui s’accumulent, mais nous pensons quand même qu’il n’y aura pas de guerre mondiale. Or moi je dis, comme Guterres, que les devins doivent faire attention à ce qu’ils lisent dans le marc de café. Nous ne sommes pas à l’abri d’une erreur de calcul, d’un événement qui puisse déclencher quelque chose qu’on ne pourra pas arrêter. C’est le devoir de Monsieur Guterres de sonner l’alarme de cette manière-là.

Voulez-vous dire que la situation est plus dangereuse aujourd’hui qu’il y a quelques années ?

Il y a beaucoup plus d’imprédictabilité avec le président des États-Unis. Ce n’est pas n’importe qui, ce n’est pas Idi Amin Dada. Il lance des tweets à 2 heures ou 6 heures du matin et la diplomatie n’est pas efficace quand il n’y a pas… non pas un minimum, mais un maximum de prédictabilité. Or, avec le comportement de l’un des personnages les plus puissants de la terre, c’est un peu difficile de prévoir. C’est dans ce sens qu’on a plus de raisons d’être nerveux cette année que l’année dernière ou il y a deux ans.

Mais cela fait déjà quelques années que des dangers existent. À la fin de la guerre froide, nous avons tous applaudi et prévu un monde bien meilleur et plus facile à gérer, et je crois que beaucoup de gens ont dit : « C’est le début d’une transition, nous allons construire un ordre nouveau ». Mais on ne l’a pas fait. Cette transition a duré longtemps. Maintenant, il y a plusieurs signes qui font dire à certains que la guerre froide est revenue ou qu’une nouvelle forme de guerre froide est en train de s’installer.

Vous évoquez Idi Amin Dada, l’ancien président ougandais. Un matin, il a déclaré : « J’ai fait un mauvais rêve. Il faut expulser tous les Indiens d’Ouganda. » Vous vous en souvenez ?

Oui, bien sûr. Et je me souviens du jour où le Britannique Carrington a été envoyé de Londres pour lui dire : « OK, nous allons prendre tous les Indiens, mais donnez-nous un peu de temps. » Idi Amin a refusé de le recevoir. « Non, non, je ne veux pas discuter », a-t-il dit. Du coup, Carrington, qui était à l’escale de Nairobi, a dû rentrer à Londres.

Amin Dada, c’était donc l’imprévisibilité. Il se levait un matin, il avait fait un beau ou un mauvais rêve…

Quelques jours après, les Anglais ont reçu une lettre cachetée de Monsieur Amin Dada, adressée à Sa Majesté la reine. Surprise : dans cette lettre, il écrivait qu’il serait très heureux d’accueillir Sa Majesté pour l’anniversaire de l’indépendance de l’Ouganda. Et les Anglais m’ont dit : « Quand on ne peut pas prévoir une telle lettre, on ne peut pas faire de diplomatie. » Amin Dada, c’était donc l’imprévisibilité. Il se levait un matin, il avait fait un beau ou un mauvais rêve…

Y a-t-il un côté Amin Dada chez Donald Trump ?

Il y a cette imprévisibilité qui fait que c’est difficile, quand même. Dire aux Anglais que c’est magnifique parce qu’on va retrouver la relation spéciale, et ensuite déclarer à propos de Theresa May : « Elle ne sait pas ce qu’elle est en train de faire. Son accord avec l’UE va nous empêcher de faire du commerce… »

En Syrie, qu’est ce qui n’a pas fonctionné dans les différentes médiations de l’ONU ?

Ce qui n’a pas fonctionné, c’est que le pouvoir était tout à fait convaincu qu’il finirait par l’emporter et que le prix que le peuple paierait n’avait pas d’importance. Et les pays étrangers qui sont intervenus avaient des objectifs nationaux divergents et limités. Et ils ne se souciaient pas vraiment des besoins ou des intérêts des Syriens.

Quel est le processus qui a le plus d’avenir à vos yeux ? Celui de l’ONU ou celui d’Astana, au terme duquel il n’y aura pas de changement de régime ?

Pour l’instant, les services de l’ONU à Genève ne sont pas utilisés. Le processus d’Astana-Sotchi, ça marche. Les trois pays qui sont dans ce processus – l’Iran, la Russie et la Turquie – travaillent, mais ont des positions divergentes.

Un moment, votre compatriote Ramtane Lamamra a été pressenti pour succéder à Stefan de Mistoura au poste d’envoyé spécial de l’ONU. Finalement, il sera appelé à faire d’autres missions ?

Oui, il fait déjà partie du comité stratégique qu’Antonio Guterres a créé l’an dernier à l’ONU sur les grandes questions internationales. Il travaille aussi beaucoup avec l’Union africaine et il suit en ce moment la présidentielle à Madagascar. Le travail qu’il fait là-bas jouit de l’estime de tout le monde, non seulement des différentes parties malgaches, mais aussi des ambassadeurs sur place.

À propos des relations entre l’Algérie et le Maroc, vous avez estimé à plusieurs reprises que la situation à la frontière n’était pas admissible. Qu’est ce qui peut réchauffer ces relations ?

Moi, cela fait vingt ans que je dis qu’il n’y a pas de raison que les relations entre l’Algérie et le Maroc soient dans cet état. Vous savez, maintenant, il y a eu cette initiative du roi. Il y a eu aussi un message très chaleureux du président Bouteflika au roi il y a quelques jours…

D’accord. Simplement, le roi a fait à l’Algérie une offre de dialogue direct et franc sur tous les sujets qui fâchent. Et pour l’instant, il n’y a pas eu de réponse d’Alger…

Oui, mais ce n’est pas moi qui vais répondre à la place d’Alger (sourire).

Source : jeuneafrique.com