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Chronique en Mauritanie

Chronique en Mauritanie

Autour d’un Thé : Chers compatriotes.....

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Autour d’un Thé : Chers compatriotes.....Le Calame - Voilà que Ramadan est venu ! Bon Ramadan ! Mesdames et messieurs, il faut respecter votre Président.

Surtout que maintenant « il a, en lui, les os », puisqu’il va devoir quitter ses responsabilités, dans deux ou trois mois. Normalement. Le Président sortant a exhorté tout le monde à respecter les vertus cardinales du saint mois. Manger hallal. Parler hallal. Applaudir hallal. Danser hallal. Sinon, comme c’est dit dans le hadith, celui qui ne laisse pas le gros mensonge et l’action qui s’en suit, ferait mieux de ne pas laisser son manger et son boire.

En tout cas, Allah n’a pas besoin de son jeûne. Alors, à bon entendeur, salut ! Et, comme disent les autres, la première chose avec laquelle commence un certain quelqu’un, c’est sa tête. Le Président sortant dans deux ou trois mois n’a pas dit un mot de politique.

Sauf : « Mauritaniens, Mauritaniennes… ». Un peu comme quand une junte militaire prend le pouvoir. Ça commence toujours comme ça : drapeau flottant, hymne national, puis « Chers compatriotes… ». Ensuite tralalala, tralalala. Rien d’autre. Pas de politique. Pas de Ghazwani.

Candidaté ni par lui ni par sa tête. Ni par rien d’autre. Ni même pas de parrainages qui semblent faire problème. Comment ça ? Suivez-moi :le parti au pouvoir a fait preuve, en ce début de Ramadan, d’un esprit sans pareil de solidarité, partage et altruisme. Comme il dispose de milliers de conseillers et de centaines de maires titulaires, alors que certains de ses adversaires n’ont presque rien, Il a fait sien l’adage selon lequel celui qui « salit », sans que son voisin ne « salisse », est comme celui qui n’a pas « sali ».

Bref, il a pris, sans regarder, une poignée de conseillers et de maires et l’a fourrée dans la marmite de tel candidat. Une seconde, dans la gamelle d’un autre candidat, et une troisième enfoncée, jusqu’à pas possible, dans la casserole bouillonnante d’un encore autre dont la tête était nouée, ne sachant pas où trouver les incontournables parrains conseillers et maires. Mais c’est « inclair », tout ça !

Gens de l’opposition, attention, ne venez surtout pas nous raconter, demain, que telle lettre a sauté ou que telle autre a émigré vers la case Ghazwani ou la maison Aziz ! Pouah, c’est depuis ! Qu’est-ce que c’est ça ? Il ya, dans la majorité, un extraordinaire. Mais il ya, dans l’opposition, deux extraordinaires. Se faire parrainer par la majorité, ça veut dire quoi ?

Il ya des maires, au Hodh Chargui entrain de « frapper leur tête », ayant appris qu’ils ont parrainé la candidature d’un candidat candidaté par sa tête, en haut, et en bas, en bas en bas. C’est un peu ça que les Mauritaniens, Mauritaniennes n’ont pas compris lorsqu’Aziz déclara que Ghazwani avait candidaté sa tête.

En haut en haut. Mais, en fait, en bas en bas, il a été candidaté. Le parrainage, c’est un peu comme l’initiative. Parrainer Ghazwani, ce n’est pas comme parrainer non-Ghazwani. Lancer une initiative pour Ghazwani, ce n’est pas comme lancer une initiative pour non-Ghazouani. Si gouverner, c’est prévoir, il faut aussi savoir qu’applaudir, c’est prévoir. Savoir prendre le train en marche. Ne pas être un imbécile, puisqu’il n’ya que les imbéciles qui ne changent pas de camp. De fusil d’épaule. Et que mieux vaut tard que jamais.

Les choses ont changé, il faut changer avec, disait un certain Premier ministre, à une certaine députée de l’opposition. Vous savez, la politique, ça ne fait pas « tomber au Paradis ». Et puis, il n’ya pas de gens nés pour rester continuellement opposants. Surtout en ces temps de gare à ta mère, ô dernier ! Plus c’est vite, plus c’est mieux. Alors, il y aura bien d’autres qui prendront la relève pour faire de l’opposition. Ce n’est, ni plus ni moins, qu’une stratégie pour bien faire la majorité. Qui aime bien châtie bien. C’est exactement qui insulte bien applaudit bien. Ramadan est le mois du Coran, de la Miséricorde et de la Bienfaisance.

En ce mois, Satan et ses collaborateurs prennent congé. C’est tant mieux. Comme ça, les initiateurs des initiatives vont baisser pavillon. Salut.

Sneiba El Kory
Source : Le Calame (Mauritanie)

 

 

Calam(ités)

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Huit ans après une grosse vague de contestations qui  emporta d’aussi gros dictateurs que Ben Ali ou Hosni Moubarak, voilà qu’un vent nouveau vient de balayer, sans coup férir, deux autres gros potentats du monde arabe : Abdelaziz Bouteflika et Omar El Béchir, restés respectivement accrochés au pouvoir, pendant vingt et trente ans. Il n’aura fallu, aux Algériens, qu’à peine  cinq semaines de révolte non-violente pour dégager un homme malade, incapable de gouverner mais maintenu par une poignée de généraux obstinés à continuer d’user et abuser, sous couvert d’un président que les dispositions, on ne peut plus claires ; de l’article 102 de leur Constitution nationale auraient dû déclarer inapte, dès 2013, à assumer ses responsabilités, suite à AVC. Les Soudanais ont, eux, résisté quatre mois, pour venir à bout d’un intraitable général qui leur avait voir de toutes les couleurs, en termes d’emprisonnements abusifs, mal-gouvernance, musèlement de la presse et violations, intempestives et régulières, des fondamentaux des droits de l’homme. Grâce à leur détermination et à leur unité, les peuples algériens et soudanais, toutes tendances et générations confondues, ont maintenu la pression, jusqu’au déboulonnement – partiel, certes, mais déjà réel – des systèmes dont la gestion calamiteuse les avait tant meurtris. Imperturbables, les manifestants ne veulent pas s’arrêter à mi-chemin, ils veulent complètement rompre avec toutes les composantes des pouvoirs déchus. Autant les Algériens n’ont pas cédé aux tentatives de supercherie de leurs généraux, autant les Soudanais ont exigé le balayage de tous les proches de leur ancien bourreau.

En Mauritanie où la situation ressemble beaucoup au contexte de ces pays, le peuple continue à subir, sans réagir, les agissements et les politiques de dictatures militaires qui se succèdent, depuis le premier coup d’Etat du 10 Juillet 1978 qui renversa l’initial gouvernement civil du pays. Depuis, les populations nationales souffrent le martyr, entre le marteau impitoyable de militaires carrés et l’enclume d’une classe politique enrégimentée, divisée entre un camp allié apprivoisé et un camp opposé diabolisé et mis en quarantaine. Pour maintenir le statu quo et saper toutes les velléités, hautement improbables, de soulèvement, les régimes militaires ont ravivé, à des degrés différents, la flamme des appartenances tribales et produit la psychose des tensions intercommunautaires, via l’activation et le recrutement de groupes mis aux ordres, sous la tutelle des renseignements qui les manipule, conjoncturellement, suivant les intérêts du moment. Toutes les déferlantes de contestations, depuis  2011, ont épargné la Mauritanie. Paradoxalement, puisque toutes les causes objectives  qui ont conduit, ailleurs, à une révolution, sont toutes présentes en Mauritanie : dictature, mauvaise gestion, corruption, prestations bancales des secteurs sociaux, népotisme, violations des droits de l’homme, détournements des deniers publics, délabrement du secteur de la justice, torpillage des processus démocratiques, déplorables conditions de vie, chute de l’économie,  chômage, notamment des jeunes, insécurité, injustice sociale... Malgré tout cela, le peuple mauritanien paraît incapable d’entreprendre la moindre action, pour essayer de faire bouger les lignes et faire naître l’espoir de desserrer l’étau compresseur d’un pouvoir militaire qui se régénère indéfiniment. L’identification des Mauritaniens en tribus, communautés, gens de l’Est et de la Vallée, Guebla,  Nord et Sud, en ceci ou en cela, sert toujours l’agenda du pouvoir qui ne cherche, « justement », que continuer à davantage diviser pour continuer à mieux régner. La dernière « visitation » du candidat militaire à la présidentielle de 2019, dans tous les départements du pays, semble prouver, avec éloquence, que le soulèvement du « peuple » mauritanien n’est pas pour demain. Chacun est à sa propre soupe. Or, pour faire une révolution, il faut un peuple. La Mauritanie n’en a pas encore. Malheureusement.

El Kory Sneiba

Source : lecalame.info (Mauritanie)

 

Autour d’un thé : Initiatives

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Autour d’un thé : InitiativesLe Calame - Les déclarations de candidature se suivent et se ressemblent. D’abord celle du général Ould Ghazwani.

Stade de la capitale, versets coraniques, normal : nous sommes, quand même, une république islamique. Puis la mobilisation d’une maman assise, majestueusement, à la tribune. Entourée, de part et d’autre, de beaucoup de symboles de ce pouvoir crépusculaire. Puis l’évocation d’une certaine éducation. Pour dire quoi ? Surtout que chacun a été éduqué en rapport avec son milieu. Cela lui servira certainement à quelque chose.

Et puis, dans la vie, il y a les choses impromptues auxquelles rien ne prédestinait. La preuve, il suffit juste d’un concours de circonstances. Ce que n’importe quel candidat à n’importe quoi dira n’est pas important. Ce qui vaut, c’est ce qui viendra, après, quand il sera là.

Ce qui vaut, c’est ce qu’il était avant, quand il n’était pas encore là. Les déclarations d’intention et les vœux pieux ? Bon, ça, en tout cas, jusque-là, c’est la continuité. Les initiatives tombent de toutes parts. C’en est des rafales : Les dockers, les gros porteurs, les chars de combat, les tirailleurs, les anciens de ceci et les anciens de cela. Les tombés du ciel et les tombés de la terre. Les repris de justice, les récidivistes. Les marins, les sous-marins, les souterrains, les tout-terrain. Initiatives de soutien au candidat du consensus national. Pour la préservation des acquis nationaux.

Puis il y a eu Birame Dah Abeid. Ancienne maison des jeunes. Quelques gens de l’opposition. Des milliers de personnes. Tout un programme. Les Mauritaniens n’auront que l’embarras du choix. Continuer, virer à gauche ou à droite ; ou, même, vraiment foncer. Rec, tout droit, on ne sait où ! Les gens écoutent tout le monde. Les gens regardent tout le monde. Le gouvernement est ici.

Les oppositions sont là-bas. La Commission électorale nationale indépendante a le cœur refroidi, puisque les autorités ont déclaré qu’elles ne toucheront pas au moindre de ses cheveux. C’est normal, on ne change pas une équipe qui gagne ou… qui fait gagner. C’est pareil. La tête est ta tête, Ould Bellal : si tu veux, rase-la ou laisse-la, chevelure abondante. Surtout qu’abondance de disfonctionnements ne nuit pas. Du moins chez nous. Puis il y a eu Ould Boubacar. Un homme bilingue. C'est-à-dire à cheval sur plusieurs époques. Maouiste. Céemjidiste.

Hachecéiste. Aziziste. Ghazwaniste. Péerdéiste qui est le fils du Pépéemiste et ancêtre des Adilistes, des Upéristes et de ce qui viendra, juste après l’élection de 2019. Alors finalement, c’est vraiment une belle occasion de rencontres, entre beaucoup de monde. Des anciens, des jeunes, des moins jeunes, des fossiles, des clairs, des moins clairs, des ténébreux, des immortels qui sont là depuis « il était une fois », il y a très longtemps, vers la naissance de l’État en 1958.

Des personnes dont les têtes sont complètement « cassées » mais qui sont encore là, tout de même. Donc, celui-là connaît bien les choses et les choses le connaissent bien. Or, nous savons, par notre religion bénie, que ceux qui connaissent ne sont pas comme ceux qui ne connaissent pas. Exactement comme c’est venu dans le sujet « connaître ou ne pas connaître ». J’ai vu, de me propres yeux, le Président qui en a encore pour quelques mois, à l’avant du nouvel Embraer 157 que la Mauritania Airways vient d’acheter.

Le pilote lui disait quelque chose que personne n’a entendu. Certainement que le nouvel avion vient du Brésil et que sa capacité est de soixante-quatorze places dont cinquante assises et vingt-quatre « deboutes » et que, sur ses côtés, il y a l’emblème de la société et le drapeau national et qu’il va desservir Dakar, Casa, Las Palmas, Bamako, Conakry et que ça va, ça ça. Qu’avec six appareils dont deux Embraers 157 : un est là, l’autre en route ; notre flotte est une des meilleures d’Afrique, voire du Monde et que les Emirats, la Turquie, les Etats-Unis n’ont qu’à savoir à quoi s’en tenir.

Attention, pilote, on ne bourre pas un président comme on ne l’accuse pas sans preuve ! Sinon, bonjour la prison, à côté des deux bloggeurs et leurs deux milliards "fictifs" ! Salut.

Sneiba El Kory
Source : Le Calame (Mauritanie)

 

Calam(ités)

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Calam(ités)Le Calame - Voilà maintenant six semaines que le peuple algérien manifeste, pacifiquement, pour protester contre un cinquième mandat que le président Aziz Bouteflika, cloué sur son fauteuil depuis six ans par un AVC, se « préparait » à engager.

Ayant compris la ferme détermination des millions d’Algériens de ne reculer devant rien, pour imposer le changement, le cercle de généraux qui prend en otage le pays a entrepris une série de manœuvres visant à juguler la contestation, à commencer par la renonciation à tout nouveau mandat, tout en maintenant Boutef au pouvoir, en attendant d’organiser des élections.

Une supercherie que le peuple a aussitôt refusée. Proposition, ensuite, de prolonger l’actuel mandat, de quatre mois, pour prendre les dispositions nécessaires au départ du président malade. Refus tout aussi catégorique et accentuation de la contestation.

Enfin, déclaration officielle, appuyée sur l’article 102 de la Constitution, déclarant l’incapacité du président en exercice àassumer ses responsabilités. La question n’est pas là, scandent les Algériens : l’équipe de généraux doit, tout simplement et complètement, quitter les affaires et retourner dans ses casernes. C’est qui qui disait : « tous les pays du monde ont une armée, sauf l’Algérie où les militaires ont un pays ».

Manière de dire combien les militaires, chez notre voisin, font et défont les hommes, au centre de tout ce qui se passe. Des militaires qui prennent en otage le pays depuis quasiment 1962, via Ben Bella, Boumedienne, Chadli, Boudiaf, Zeroual, Bouteflika. Des généraux immensément riches et qui tirent les ficelles pour continuer à maîtriser le pouvoir.

Exactement comme ce qui se passe chez nous, depuis le coup d’État militaire de 1978 qui renversa feu Moktar ould Daddah. 41 ans que ces militaires prennent en otage le pays, se le passant de l’un à l’autre, tantôt par coups d’État et tantôt par révolutions de palais, en attendant d’inaugurer, dans quelques mois, un nouveau mode opératoire qui consiste à organiser un simulacre d’élection à l’issue duquel un général héritera le pouvoir d’un autre général. Comme les militaires de l’Algérie, ceux de la Mauritanie sont exagérément riches. Comme eux, ils apprivoisent les élites et leur font marquer le pas, en les enrégimentant dans des organisations politiques de type casernement où le chef a toujours raison.

La honteuse manipulation des députés, en 2008, pour faire tomber un président démocratiquement élu en constitue une parfaite illustration. Comme en Algérie, les militaires mauritaniens sont très puissants. Omniprésents dans toutes les affaires, propriétaires des plus grosses fortunes : banques, sociétés, marchés, flottes, villas cossues et domaines fonciers…

Ils déterminent le choix des élus et orientent les nominations administratives. Secret de Polichinelle, les députés, les walis, les hakems, les ambassadeurs, les fonctionnaires de tel ou tel ministère et, même, les ministres eux-mêmes représentent, à l’ordinaire,la part réservée à tel général ou à tel autre, manifestation de sa volonté en rapport du rang qu’il occupe, dans le cercle très fermé des puissants lobbies militaires qui usent et abusent du pays et de ses ressources, depuis plus de quarante ans.

Comme en Algérie, les militaires mauritaniens useront de tous les stratagèmes et manœuvres les plus machiavéliques, pour ne pas lâcher un pouvoir dont ils ont goûté les délices, les honneurs et les privilèges. Mais beaucoup plus qu’en Algérie, la récupération du pouvoir des mains des militaires et le retour à un système civil et démocratique seront très difficiles en Mauritanie.

Autant toutes les composantes du peuple algérien sont capables de fédérer leur force, pour réaliser de grands objectifs, autant les tribus, groupuscules et lobbies mauritaniens sont corvéables, taillables et manipulables à merci, pour réaliser les plans d’une junte toute concentrée sur le projet, avoué, de maintenir un statu quo qui ne fait l’affaire que d’une poignée de personnes sans aucune foi en la démocratie, l’État de droit, la bonne gouvernance, l’égalité des chances, ni, encore moins, le partage équitable des ressources nationales.

El Kory Sneiba

Source : Le Calame (Mauritanie)

 

Calam(ités)

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Après plusieurs mois au cours desquels tous les Mauritaniens ont retenu leur souffle, les partis de l’opposition ont encore une fois déçu, incapables d’accorder leurs violons sur un unique candidat susceptible de gêner – difficilement – le candidat de la majorité, à défaut de le battre et assurer, enfin, une transmission pacifique du pouvoir. Finalement et comme le présageaient beaucoup d’observateurs, cette opposition ira, en rangs dispersés, contre un candidat foncièrement puissant qui bénéficie du soutien de toute l’administration nationale et des lobbies d’affaires qui influencent et canalisent, d’habitude, les votes populaires, surtout en la Mauritanie des profondeurs, réservoirs électoraux qui ont toujours fait la différence, en toute consultation électorale. Comme le disait je ne sais plus qui, l’opposition se révèle, encore et toujours, le plus grand allié du pouvoir, par ses tergiversations et son incapacité à dépasser ses petites querelles de minarets, sur fond de mesquins calculs. Ses principales formations politiques, notamment le RFD et Tawassoul, idéologiquement presqu’aux antipodes l’une de l’autre, soutiendront respectivement, au premier tour, le docteur Mohamed Ould Mouloud,  président de l’UFP, et un ancien Premier ministre, Sidi Mohamed ould Boubacar.

Avec cette stratégie à peine commune de soutenir le candidat qui aurait éventuellement à croiser le fer avec celui du pouvoir, au cours d’un très improbable second tour. Comme si le spectre de l’élection de la présidentielle de 2009 avait disparu ou que ce qui vient de se passer, il y a moins d’un mois au Sénégal, ne devait pas nous alerter sur la volonté des pouvoirs sortants de ne prendre aucun risque. Entre l’enclenchement du processus démocratique (1992) et aujourd’hui, au moins cinq à six élections présidentielles furent organisées. Par deux fois, au moins (1992 et 2007), l’opposition  prétendit, à tort ou à raison, avoir été flouée. En un, par le refus du système à reconnaître sa défaite et, de deux, par la compromission d’un des imminents dirigeants de ladite opposition avec le candidat imposé par les généraux qui avaient conduit le coup d’Etat mettant fin aux vingt-et-un ans de règne de Maouiya ould Sid ‘Ahmed Taya.

Maintenant que l’opposition a échoué à s’entendre sur un candidat unique, il ne lui reste plusqu’à transformer ce retentissant et anéantissant fiasco, en une stratégie d’éparpillement proposant, aux électeurs, plusieurs profils au premier tour, dans l’espoir d’en communautariser les forces, en l’éventualité d’un second. Ainsi les militants et sympathisants de l’opposition et ceux de toutes les autres tendances qui aspirent enfin à un changement n’ont plus que l’embarras du choix : entre un cacique de l’opposition des premières heures aux pouvoirs qui se sont succédé, sans jamais tremper ni dans le compromis ni dans la compromission –un véritable progressiste dans l’âme qui a fondé, avec beaucoup d’autres, quasiment tous les mouvements de contestation, du PKM au MND, avant l’UFP – et un haut commis de l’Etat qui a gravi tous les échelons de l’administration, jusqu’au poste de Premier ministre qu’il a occupé deux fois, avec Maouiya– Vivent les nostalgiques ! – et avec les militaires de la Transition – Vivent les rectificateurs ! –sans oublier Birame Dah Abeid et deux autres candidats qui ne devraient plus tarder à se déclarer. Les contours de la liste des postulants au fauteuil présidentiel se précisent davantage. Si, comme l’ont dit Ould Abdel Aziz et sa majorité, à qui veut l’entendre, tout leur monde est bien rangé derrière leur candidat Mohamed ould Cheikh Ahmed Ghazwani, avec armes, bagages, infanterie, artillerie, BASEP, DGSN, ministère de l’Intérieur et de la décentralisation, députés, notables, présidents des conseils régionaux, maires, conseils d’administration des entreprises publiques, administration centrale et régionale, tribus, gens de l’Est et autres organisations de la société civile… aucun des autres candidats « n’entendra la balle », dès le premier tour. Mohamed OuldG hazwani remplacera, sans coup férir, Mohamed ould Abdel Aziz à la tête de la magistrature suprême. Mais si, comme le supputent des rumeurs persistantes, ce qui se fait en haut n’est pas ce qui se mijote en bas, au sein des forces de la majorité, toutes les hypothèses sont envisageables et pourraient conduire à de grosses surprises… aux conséquences imprévisibles.

El Kory Sneiba

Source : lealame.info (Mauritanie)