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Politique dans le Monde

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Pour l'UNRWA, Gaza sombre dans un chaos social et économique

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mediaPlus d'une semaine après les violences, Israël a rouvert dimanche 12 mai ses points de passage avec Gaza. De quoi alléger un peu le blocus imposé depuis bientôt 12 ans par l'État hébreu à l'enclave palestinienne, l'une des zones les plus densément peuplées au monde. L'une des plus pauvres également.

De notre correspondant à Genève, Jérémie Lanche

Cela fait plusieurs jours maintenant que l'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) prévient : si elle ne trouve pas rapidement 50 millions de dollars, la moitié des Gazaouis, soit un million de personnes, risquent de manquer de nourriture le mois prochain.

Le directeur des opérations sur place, Matthias Schmale l'affirme : Gaza est en train de plonger dans une sorte de chaos social et économique : « 53% de chômage. 80% de réfugiés sous le seuil de pauvreté et qui dépendent de l'aide alimentaire. Pour la première fois depuis que je suis arrivé il y a un an et demi, on me parle d'une augmentation des suicides, de la consommation de drogue et de la prostitution. Gaza n'est pas une crise humanitaire ; la situation n'est pas due à un tsunami ou à un tremblement de terre. C'est la conséquence d'une faillite politique et de 12 années de blocus. »

Un an après le refus des États-Unis de continuer à financer l'agence pour les réfugiés palestiniens, l'ONU bataille toujours pour combler le trou dans le budget. Plusieurs pays du Golfe pourraient encore mettre la main à la poche. C'est en tout cas ce qu'espèrent les Nations unies qui sollicitent même le secteur privé et les entreprises pour venir en aide à Gaza.

Source : RFI

 

Jamal Khashoggi : la CIA avertit certains de ses collègues d’un danger venant de Ryad

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Jamal Khashoggi : la CIA avertit certains de ses collègues d’un danger venant de RyadLa Nouvelle Tribune - L’affaire Jamal Khashoggi continue d’avoir des répercussions.

En effet, la CIA a récemment mis en garde proches et collègues de l’emblématique journaliste dissident, assurant que Riyad pourraient très vite s’intéresser à eux. Afin d’éviter une nouvelle disparition et l’assassinat d’un nouvel opposant, les services secrets américains ont ainsi tenu à alerter de potentielles cibles.

Trois personnes seraient principalement concernées par ces mises en garde. Le premier, Omar Abdulaziz. Résidant au Québec depuis près de dix ans, cet homme a longtemps collaboré avec Jamal Khashoggi.

Au moment de sa disparition, les deux travaillaient d’ailleurs sur un projet de mouvement, baptisé « L’armée des abeilles ». L’objectif de ce mouvement était alors de combattre sur les réseaux sociaux, les trolls saoudiens, également appelés « les mouches ». Ces derniers profèrent en fait des propos haineux à l’encontre de victimes bien ciblées.

Trois activistes anti-régime, visés

Ce n’est pas la première fois que ce dernier est directement visé et mis en garde. Ainsi, au moment de la disparition de Jamal Khashoggi, ce dernier a découvert que son téléphone portable eut été infiltré par un logiciel espion. Ce logiciel donnait accès à ses contacts, ses messages et ses appels. Selon ses déclarations, ses deux frères ainsi qu’un bon nombre de ses proches et amis encore présents en Arabie Saoudite auraient été emprisonnés.

Il faut dire que ses activités ne plaisent pas du tout à Riyad. Actif sur Twitter et YouTube notamment, ce dernier ne rate jamais une occasion de tacler le régime. Selon le média américain du Time, les autorités canadiennes l’auraient d’ailleurs alerté, lui recommandant même de se cacher pendant plusieurs jours afin d’éviter d’attirer les regards.

“La machine ne s’est jamais vraiment arrêtée”

Le second visé par les propos de la CIA serait Iyad El-Baghdadi. Vivant à Oslo, en Norvège, ce dernier a avoué avoir reçu la visite d’officiels norvégiens, le 25 avril dernier. Selon lui, une réunion de deux heures aurait été tenue, directement à son domicile. S’il n’a pas dévoilé la nature des menaces pesant à son encontre, celui-ci a confirmé être une potentielle cible. Il lui a également été recommandé de prévenir sa famille et surtout, de ne pas quitter la Norvège dans les semaines et mois à venir.

« Ils prennent les menaces au sérieux parce qu’elles proviennent de la CIA », a-t-il ensuite confirmé. La troisième personne a préféré garder l’anonymat afin de ne pas se donner plus de visibilité. De son côté, Omar Abdulaziz l’assure, « la machine » gouvernementale est toujours en marche. Selon lui, le régime saoudien a toujours souhaité faire taire les dissidents ainsi que les activistes pro-démocratie. Résultat, celui-ci a appelé tout le monde à faire très attention.

Source : La Nouvelle Tribune (Bénin)

 

 

Algérie-France : quand le discours complotiste refait surface

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Alors que le chef d'état-major Ahmed Gaïd Salah dénonce depuis plusieurs semaines des « tentatives de déstabilisation étrangères », le gouvernement français reste discret au sujet de la transition algérienne. Mais l’idée d’une ingérence de la part de l’ancienne puissance coloniale revient régulièrement dans le débat.

 

« La face barbare de la France coloniale », « les Français vont contrôler les champs de pétrole algérien », « la responsabilité historique hante l’État français ». À la une des journaux algériens, jeudi 9 mai, la France. Depuis plusieurs semaines, le rôle joué par l’ancienne puissance coloniale dans la période post-Bouteflika s’invite régulièrement dans le débat.

Les accusations d’ingérence comme les rumeurs d’un « complot français » se multiplient. À tel point que l’ambassade de France à Alger s’est vue obligée de diffuser jeudi un communiqué « s’étonnant » d’une dépêche publiée la veille par l’agence de presse officielle APS, selon laquelle Paris souhaiterait la tenue des élections du 4 juillet dans « de bonnes conditions ».

L’objet de la polémique ? Les « nouvelles » déclarations sur les élections en Algérie du ministre français des Affaires étrangères… qui ne sont en réalité que les réponses apportées à un député lors d’une séance de questions au gouvernement, qui a eu lieu le 6 mars à l’Assemblée nationale française.

Deux mois après, le bureau de l’APS les a interprétées comme une réaction à la tenue de l’élection présidentielle le 4 juillet. « Nous souhaitons que le processus électoral se déroule dans de bonnes conditions, avec toute la transparence et la sérénité nécessaires », affirmait alors Jean-Yves Le Drian… en se référant au scrutin initialement prévu le 18 avril. Si la dépêche a été corrigée au plus vite, la controverse ne fait que relancer un débat persistant : la position de la France dans la transition en Algérie.

Une vérité « accessoire »

Plusieurs rumeurs circulent sur les réseaux sociaux, mais aussi sur des sites en ligne. Sur la chaîne d’information Ennahar, un analyste politique a récemment accusé Paris de participer à un « complot contre le chef d’état-major ».

Que l’information soit vraie, c’est accessoire : cela participe à renforcer ce sentiment anti-français

« Il suffit d’observer les rumeurs qui se diffusent concernant les dernières arrestations. Encore ce 8 mai, un journal proche de l’armée a diffusé une information selon laquelle il y aurait eu une réunion à Paris entre Saïd Bouteflika, l’ancien patron des services de renseignement Toufik et une délégation française. Qu’elle soit vraie, c’est accessoire : cela participe à renforcer ce sentiment anti-français et introduit un élément décisif censé peser dans le débat », décrypte pour Jeune Afrique Naoufel Brahimi El Mili, auteur de France-Algérie : 50 ans d’histoires secrètes.

Ainsi, selon le spécialiste, le parallèle entre « les complotistes anti-armée » et la France est vite établi. Un discours qu’on retrouve sans ambages dans l’éditorial d’El-Djeich, la revue du ministère de la Défense nationale, intitulé « Clairvoyance et sagesse pour faire avorter tous les complots ». La publication met l’accent sur « le danger représenté par les tentatives de certaines entités étrangères de déstabiliser le pays », en soulignant que « le Commandement de l’ANP [Armée nationale populaire] ne s’adresse pas au peuple depuis les salons, les canaux où les capitales étrangères, mais de l’Algérie profonde et authentique ».

La France, bouc émissaire

Ainsi, huit ans après 2011, le discours conspirationniste refait surface dans une Algérie en ébullition. « Le chef d’état-major sait qu’une bonne partie de la population algérienne reste sensible au discours sur le « complot français », continue Naoufel Brahimi El Mili. Et cette rhétorique participe à renforcer son image de justicier et de libérateur qui, en continuité avec l’histoire, prend à nouveau les armes contre la France. »

Lors de son déplacement à Oran en avril, Ahmed Gaïd Salah dénonçait déjà « l’apparition de tentatives de la part de certaines parties étrangères, partant de leurs antécédents historiques avec notre pays, […] afin de mettre en exécution leurs desseins visant à déstabiliser l’Algérie et semer la discorde entre les enfants du peuple ». « Cela ne peut être que la France », assurait à Jeune Afrique Adlene Mohammedi, docteur en géographie politique et très engagé depuis le début du mouvement.

Un discours « nourri par les maladresses » de Paris

Si tout ce qui est anti-français est mobilisateur en Algérie, d’après Naoufel Brahimi El Mili, « ce sentiment est également nourri par des maladresses françaises ». En effet, le 11 mars dernier, Emmanuel Macron avait salué « la décision » du président algérien de ne pas briguer un cinquième mandat, appelant à une « transition d’une durée raisonnable ».

Peu après, le président français s’était de nouveau exprimé dans un tweet, estimant que « la décision du Président Bouteflika ouvre une nouvelle page pour la démocratie algérienne ». À la suite de cette réaction, plusieurs Algériens étaient descendus dans la rue en brandissant des gilets jaunes et des pancartes contre Emmanuel Macron, entendant dénoncer un présumé « soutien » de la France au président Abdelaziz Bouteflika.

Le soutien de Paris à Ben Ali ou à Abdel Fattah al-Sissi et d’autres dirigeants autoritaires africains rend vraisemblable une ingérence française

Le gouvernement français est depuis resté discret au sujet de la transition algérienne. Mais l’idée d’une ingérence de la part de l’ancienne puissance coloniale reste crédible, surtout à cause d’une constante de la diplomatie française en Afrique : « le soutien au statu quo et à la stabilité, au détriment du changement, donc de la mobilisation. Le soutien de Paris à Ben Ali ou à Abdel Fattah al-Sissi et d’autres dirigeants autoritaires africains rend vraisemblable une ingérence française », explique Naoufel Brahimi El Mili.

Pourtant, comme le rappelle l’analyste, loin de la scène politique, la coopération militaire entre France et Algérie continue sans entrave, dans le cadre par exemple de l’opération Barkhane.

Source : jeuneafrique.com

 

Nucléaire iranien: Téhéran suspend certains engagements, les réactions affluent

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mediaUn an jour pour jour après le retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien, la République Islamique annonce à son tour suspendre certains de ses engagements. Cet accord conclu par Téhéran et les grandes puissances en 2015 avait permis la levée des sanctions économiques internationales imposées à l’Iran, et en contrepartie ce pays avait accepté de limiter drastiquement son programme nucléaire. Sans surprise, la décision iranienne a entraîné une vague de réactions internationales.

Il y a ceux qui avertissent l’Iran, comme la France qui brandit la menace de sanctions européennes,  l'Allemagne qui a appelé le pays au respect de la totalité de l'accord sur le nucléaire, ou le Royaume-Uni qui estime «inopportune» la décision de l'Iran et ceux qui au contraire tentent de calmer le jeu. La Chine, notamment prône l’apaisement. « Il faut rester dans le cadre de l’accord sur le nucléaire iranien », explique Pékin. Ce message s’adresse aussi bien aux Iraniens qu’aux autres pays membres de cet accord.

Il ne faut pas oublier que l’Iran a été un bon élève jusqu’à présent. Son programme nucléaire a été scruté à la loupe par les inspecteurs de l’Agence Internationale de l’Energie atomique et les rapports de l’AIEA sont sans appel : la République Islamique respecte ses engagements à la lettre.

C’est le retrait américain de l’accord en mai 2018 et le rétablissement de sanctions économiques par le président Donald Trump qui chamboulent la situation.

Face à ces sanctions américaines, les autres signataires ont été incapables de garantir à l’Iran les retombées économiques qu'il escomptait.

La République Islamique perd patience. Plus question de limiter l’enrichissement d’uranium. Cela ouvre la porte à un programme nucléaire militaire. Réaction immédiate du Premier ministre Benyamin Netanyahu : Israël ne permettra pas à l’Iran de se doter de l’arme atomique.

Le chef de la diplomatie russe s’est rangé du côté de Téhéran, en affirmant « comprendre » ses raisons, à l’issue de pourparlers à Moscou avec son homologue iranien Mohammad Javad Zarif. La Russie a accusé mercredi 8 mai les États-Unis d’être les seuls responsables de la crise actuelle. Le Kremlin avait dénoncé un peu plus tôt la « pression déraisonnable » subie par l'Iran et avancé les « mesures irréfléchies » prises par Washington.

La Russie s’en prend également aux Européens, jugés trop timorés face à Washington, nous rapporte notre correspondant à Moscou, Daniel Vallot. « Nous allons avant tout chercher à convaincre nos partenaires européens de respecter leurs promesses », a déclaré Sergueï Lavrov, citant le mécanisme européen qui permettrait à Téhéran d’exporter son pétrole sans « dépendre du système américain ».

De son côté, Mohammad Javad Zarif a lui aussi accusé les Européens de « n’avoir rempli aucune de leurs obligations » : « Ils ont publié de beaux communiqués, mais dans la pratique, il ne s’est rien passé », a-t-il notamment déclaré.

Téhéran leur lance donc un ultimatum : « Vous avez 60 jours pour respecter votre parole, dans le cas contraire la République Islamique renoncera à appliquer d’autres de ses engagements ».

 

Le Qatar débloque une grosse enveloppe d'aide pour les Territoires palestiniens

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Les violences du week-end dernier ont coûté la vie à au moins 25 personnes côté palestiniens, combattants et civils mélangés, et à 4 civils israéliens. Le cessez-le-feu annoncé hier, lundi 6 mai, par les Palestiniens tient encore même si les autorités israéliennes ne le reconnaissent toujours pas. L'accord de cessez-le-feu semble avoir été négocié avec les groupes armés de Gaza. Et au coeur de cet accord se trouve une aide du Qatar.

Le Qatar est un allié de longue date du Hamas, le mouvement islamiste au pouvoir à Gaza et sa générosité à l'égard de l'enclave palestinienne a déjà été maintes fois prouvée: des routes, des lotissements entiers, des hôpitaux ont été financés par l'argent de l'émirat. Et ces derniers mois, une aide en liquide avait été injectée dans l'enclave palestinienne. Mais cette générosité valait au Qatar les foudres du gouvernement de Ramallah pour qui l'émirat, en venant en aide au Hamas, ancrait la division palestinienne.

Ce mardi matin, 24 heures après la conclusion d'un cessez-le-feu entre les groupes armés de Gaza et Israël, le ministère qatarien des Affaires étrangères a annoncé le déblocage d'une très grosse enveloppe: près de 430 millions d'euros. Mais cette fois-ci, l'aide ira aussi bien à la Cisjordanie qu'à la bande de Gaza.

Près des deux tiers de cette aide financeront des programmes de santé et d'éducation menés par l'Autorité palestinienne, le gouvernement internationalement reconnu. Le reste sera versé à des programmes humanitaires de l'ONU dans les Territoires palestiniens. La part spécifiquement dédiée à Gaza n'est pas précisée. Mais l'annonce de cette aide a été rapidement saluée par le chef du Hamas qui y voit « une continuation des positions inébranlables du Qatar qui soutient, écrit-il dans un communiqué, le peuple palestinien politiquement et financièrement ».

Source : RFI