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Dossiers en Afrique

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Pollution de l'air en Afrique de l'Ouest : une nouvelle étude inédite tire la sonnette d'alarme

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Pollution de l'air en Afrique de l'Ouest : une nouvelle étude inédite tire la sonnette d'alarmeDeutsche Welle - Une nouvelle étude inédite alerte sur la pollution, dans les rues, mais aussi directement dans les habitations. Les spécialistes préconisent des mesures simples pour réduire les conséquences négatives.

C'est un problème dont tout le monde a conscience mais sur lequel de toutes nouvelles données apportent un éclairage plus précis.

L'institut météorologique de Karlsruhe en Allemagne, avec seize autres institutions européennes et africaines, vient d'étudier la pollution de l'air en Afrique de l'Ouest. Une étude qui tire la sonnette d'alarme mais donne aussi des conseils pouvant être mise en place rapidement, car il y urgence.

Aujourd'hui, que ce soit en Côte d'Ivoire, au Burkina ou encore au Bénin, nombreux sont ceux qui souffrent de problèmes respiratoires. "J'ai de l'asthme et aussi des problèmes de sinusite", raconte, par exemple, Johannes, journaliste à Cotonou.

"Il suffit que je sois exposé cinq minutes en attente à un feu rouge et que j'inspire la fumée des pots d'échappement pour que je le ressente immédiatement. Cela peut me déclencher une crise d'asthme et peut même m'empêche de respirer parce que, quand j'inhale cette fumée-là, j'ai le sentiment d'avoir avalé une drogue", raconte-t-il.

Une pollution bien réelle qui vient d'être mesurée de façon précise par des chercheurs européens et africains. Des stations de mesures ont été installées dans plusieurs villes. Résultat : partout les concentrations de particules polluantes sont au-dessus des seuils recommandés par l'OMS.

Pollution dans la cuisine

Cette pollution est visible au bord des routes, en ville. "Il y a les taxis, toutes les autres voitures, mais la pollution vient aussi de toutes les femmes qui jettent des ordures dans les égouts", raconte Estelle, étudiante à Abidjan. Mais il n'y a pas que sur les artères routières que la pollution de l'air est un problème.

"Cela nous a un peu surpris de voir à quel point les endroits où les gens cuisinent sont pollués", raconte le professeur Peter Knippertz, de l'Institut de météorologie et de recherche climatique de Karlsruhe.

En cause : les foyers de cuisson au bois qui sont souvent ouverts car il n'y a pas de système pour évacuer les fumées directement vers l'extérieur. "Puisque presque toutes les familles font à manger pour elles-mêmes tous les jours, et comme les enfants sont là aussi, c'est effrayant de voir que même les plus jeunes sont exposés à des pollutions considérables dès leur plus jeune âge", explique-t-il. Les bois qui ne sont pas secs à 100% lorsqu'ils brûlent dégagent aussi des fumées plus toxiques.

On estime d'ailleurs que près de huit millions de personnes dans le monde meurent chaque année à cause de cette pollution domestique. Dans un récent rapport, l'Organisation mondiale de la santé estimait même que plus de 50% des décès prématurés chez les enfants de moins de cinq ans sont causés par l'inhalation des particules de pollution domestique.

Moins de pluie à cause de la pollution

L'étude qui vient d'être publiée alerte aussi sur les conséquences de celle-ci sur le climat. Les chercheurs ont trouvé que les particules polluantes dans l'air changent même la composition des nuages, ce qui peut bouleverser les températures et même réduire les pluies. "Ce serait, bien sûr une très mauvaise nouvelle pour les gens, parce qu'en plus des risques pour la santé associés aux polluants, il y aurait aussi une réduction des précipitations", s'inquiète Peter Knippertz.

Des solutions possibles

Pour réduire les risques, les chercheurs estiment qu'on pourrait, au niveau local, améliorer le filtrage des gaz des voitures, inciter à faire la cuisine au gaz ou à l'électricité. Ils préconisent également de cesser le défrichage par le feu en Afrique centrale. Cette technique disperse des particules de suie qui sont transportées jusqu'en Afrique de l'Ouest par les vents de moussons.

Source : Deutsche Welle (Allemagne)

 

 

Mali : 35 morts, dont 24 enfants, le bilan de la tuerie de Sobane revu à la baisse

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Un nouveau bilan a été dressé de la tuerie de dimanche dans un village dogon du cercle de Sangha, dans le centre du Mali. Initialement estimé à une centaine de décès, il s'établit cependant à 35 morts, dont 24 enfants, selon le gouvernement. Six personnes ont par ailleurs été interpellées.

Le gouvernement avait annoncé lundi un « bilan provisoire » de 95 morts et 19 disparus, à la suite d’une mission dans le village de Sobane Da, de militaires du poste de Diankabou, à 17 km, accompagnés par le maire de la commune rurale de Sangha, dont dépend ce village majoritairement chrétien. Dès lundi soir, ce bilan initial avait été remis en question par le gouverneur de la région de Mopti, qui s’était rendu sur les lieux avec une équipe de la protection civile, et avait annoncé un bilan de « 11 adultes et 24 enfants » tués, tous inhumés le jour même. Il avait alors attribué l’écart entre les deux bilans à des extrapolations de villageois à partir du nombre de membres de chaque famille, en présumant que tous avaient péri.

35 personnes tuées, dont 24 enfants

À la suite d’une mission des enquêteurs sur les lieux mardi 11 juin, le même jour que le déplacement sur place du Premier ministre Boubou Cissé, « le nombre de personnes tuées a été ramené de 95 à 35 (11 adultes et 24 enfants) », a précisé le gouvernement dans son communiqué. « Ce nombre résulte d’un décompte minutieux effectué par une équipe constituée d’éléments de la protection civile, de médecins légistes, du procureur général de Mopti », selon le texte.

Par ailleurs, six personnes « ont été interpellées suite à des contrôles de routine », dont deux par la Mission de l’ONU au Mali (Minusma), a indiqué le gouvernement, sans autre précision, affirmant par ailleurs avoir « mis en route une batterie de mesures pour poursuivre, arrêter et traduire devant les juridictions compétentes les auteurs de cet acte ignoble ».

Pour expliquer le bilan précédent de 95 morts, le gouvernement indique que le chef du village de Sobane « a témoigné que cela correspondait aux morts et disparus combinés. Il ressort des premières investigations menées sur le terrain qu’une centaine de femmes se seraient aussi réfugiées dans le village de Koundo ».

Le gouvernement exhorte les habitants « à ne pas tomber dans le piège de l’amalgame et de la vindicte », en allusion à de possibles représailles. Plusieurs habitants du village ont imputé l’attaque, qui n’a pas été revendiquée, à des Peuls venus de localités voisines et soupçonnés d’appartenir à des groupes jihadistes.

Source : jeuneafrique.com

 

Mali: vive émotion et de nombreuses questions après le massacre de Sobane

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Mali: vive émotion et de nombreuses questions après le massacre de SobaneRFI Afrique - L'émotion est toujours vive dans le village de Sobane, situé dans la commune rurale de Sangha, dans le centre du Mali, où un massacre a duré plusieurs heures entre dimanche et lundi matin. Des corps ont été inhumés lundi après-midi, alors que de nombreuses autres personnes sont portées disparues. Le point sur la situation.

Dans l’après-midi de ce lundi 10 juin, dans le village de Sobane, les victimes de l’attaque meurtrière ont été inhumées. Du monde sur les lieux, notamment des élus, des parents de personnes décédées, ainsi que le gouverneur de la région de Mopti. Sidy Alassane Touré estime qu’il y a beaucoup moins que 95 morts, alors que de leur côté des élus maintiennent les premiers chiffres avancés.

Après l’enterrement, un détachement de l’armée malienne est resté sur les lieux pour renforcer la sécurité. Outre les victimes, il y a des blessés. L’un d’eux a apporté des précisions. L’attaque aurait commencé dimanche vers 17 heures, pour prendre fin lundi vers 3 heures du matin.

« Personne n'a été épargné »

Les assaillants étaient nombreux, plusieurs dizaines. Certains à pied, d’autres à moto. À leur arrivée sur place, les autochtones ont pris peur et se sont réfugiés dans des cases. Alors, les assaillants ont fait usage d’armes (certaines étaient automatiques), avant de mettre le feu à de nombreuses cases avec à l’intérieur des civils. De nombreux autres habitants du village, qui abrite environ 300 personnes, sont toujours portés disparus.

D'après un rescapé, Amadou Togo, cité par l'AFP, il y avait là « une cinquantaine d'hommes lourdement armés. Ils ont d'abord encerclé le hameau avant de lancer l'assaut », raconte cet habitant qui décrit des scènes d'horreur. Plusieurs personnes ont été « égorgées et éventrées », raconte-t-il, « des greniers et du bétail brûlés », poursuit ce rescapé. « Personne n'a été épargné : femmes, enfants et vieilles personnes », conclut cette source.

"Je condamne avec la plus grande fermeté cet acte lâche et barbare que rien ne saurait justifier. " #IBK pic.twitter.com/Tcz9la9Gg4
Presidence Mali (@PresidenceMali) June 10, 2019

Qui sont les tueurs?

Le massacre n’a pas encore été revendiqué. Plusieurs pistes, peu claires, se dégagent.

En condamnant cette attaque, le gouvernement pointe du doigt des « terroristes », sans indiquer à quel groupe il fait allusion. C'est en tout cas le terme employé dans un communiqué diffusé hier. D'après ce document, les auteurs de ce massacre seraient « des hommes armés, soupçonnés d'être des terroristes, qui ont lancé un assaut meurtrier contre ce paisible village ».

Cette option terroriste, certains observateurs l'envisagent également, vu le contexte socio-culturel et la situation géographique. Sobane est un village majoritairement catholique. « L'attaquer peut inaugurer un cycle », indique l'éditorialiste Adam Thiam. Pour lui, l'hypothèse selon laquelle ce village pourrait être la cible d'islamistes venant notamment du Burkina est tout à fait possible.

Autre piste envisagée par certains observateurs : celle d'une vengeance post-Ogossagou. Du nom de cette localité du centre du pays, où fin mars dernier, une attaque d'une grande ampleur contre des habitants à majorité peule, avait fait près de 160 morts... Tous les regards s'étaient alors portés sur une milice d'autodéfense, celle de l'association de chasseurs dogons Dan Nan Ambassagou. Sur le coup, l'État avait même promis de démanteler cette milice.

Or, Sobane « fournit l'essentiel des troupes de la milice dogon Dan Nan Ambassagou », relève le journaliste Adam Thiam.

Pour ce dernier, les deux pistes « ne s’excluent pas. La piste de la vengeance Ogossagou est soutenue par le fait que Sobane relève de l’une des communes qui fournissent le plus de troupes à la milice dogon Dan Nan Ambassagou. Il est très exposé parce qu’il est situé dans la plaine, contrairement à l’habitat dogon qui est dans le contrefort des rochers.

Et la piste de l’État islamique s’appuie sur le fait que Sobane est majoritairement catholique. L’attaquer peut inaugurer un cycle. Nous sommes dans le bassin non musulman du plateau Dogon, avec une majorité de chrétiens et d’animistes.

Il serait naïf de croire que cela n’est pas possible au Mali où Daesh a déjà pris pied avec les ex-Mujao Abou Walid Sahraoui et Abdel Hakim, implantés seulement à quelques centaines de kilomètres du plateau Dogon. »

Dans tous les cas, une question se pose : celle de l'efficacité de la réponse sécuritaire. « C'est un échec : qu'est-ce qui a été mis en place pour prévenir de ce genre d'attaque fréquente ? », interroge l'analyste Ibrahim Maïga.

Des corps calcinés, des maisons incendiées, des animaux abattus... Hama Kassogué, l'enseignant du village, n'en revient pas. Il était chez lui, à une quinzaine de kilomètres de Sobane quand l'attaque a eu lieu dimanche soir...

Le déroulé de l'attaque à Sobane.

■ Des élus interpellent l’État


Face à la situation, plusieurs élus du Centre sont inquiets. Ils demandent qu’on évite les amalgames, et à l’État de prendre ses responsabilités.

La situation sécuritaire se dégrade dans le centre du Mali, et quand il s’agit de nommer les auteurs des atrocités commises dans le hameau de Sobane, plusieurs élus sont prudents, comme le député de la localité de Bandiagara, situé dans le centre. « Je ne peux pas exactement affirmer qui a fait cela », dit Bokari Sangara.

Pour lui comme pour d’autres, les problèmes de terres, d’accès à l’eau, aux pâturages entre populations dogons et peules sont connus, mais ces deux communautés ne sont pas des ennemis. « Il n’y a réellement pas de problèmes peuls-dogons. Il faut faire attention à l’amalgame qui est en train de se poser sur le terrain », poursuit Bokari Sangara.

Mais entre les Dogons et les Peuls, il y a les jihadistes, et on retrouve des jihadistes peuls et des jihadistes dogons, des bandes armées qui écument la région, et cela pose problème. C’est pourquoi le député élu de Bandiagara demande à l’État malien de renforcer sur place sa présence. Et pour bien faire savoir qu’ils ne sont pas contents, des députés vont convoquer, avant la fin de cette semaine, des membres du gouvernement malien.

■ Réactions

« Le seuil de l’intolérable est atteint. » Mahamat Saleh Annadif, le chef de la mission ONU au Mali (Minusma), parle d'« un acte de barbarie inqualifiable ». Joint au siège des Nations unies à New York, il dénonce par ailleurs le communiqué de la milice dogon Dan Nan Ambassagou qui déclare considérer « cette attaque comme une déclaration de guerre », « déclare la lutte ouverte » et se dit résolue « à verser son sang ».

« Je viens de faire un communiqué et dans ce communiqué, j’ai mis en garde cette milice. Je lui ai dit que nous ne tolérerons jamais cet appel à la violence. Et nous les mettons en garde. Nous sommes présents sur le terrain, nous avons déjà pris des mesures pour qu’il n’y ait pas de représailles. Mais le risque existe. Il y a des risques réels.

Il y a des risques de représailles, c’est clair. La guerre civile, c’est quoi ? La guerre civile, c’est quand des communautés s’entretuent. Il faut tout faire pour l’éviter. C’est pour cela que j’ai dit que le seuil de l’intolérable est atteint. Il faut l’arrêter. »

« Faire confiance à la résilience des communautés. » Pour l'éditorialiste Adam Thiam, auteur du rapport de 2017 « Centre du Mali : enjeux et dangers d’une crise négligée », le ton est inquiétant. Il appelle les autorités maliennes, la Minusma, la force Barkhane, la société civile et les politiciens à renforcer leur mobilisation militaire et en faveur du dialogue intercommunautaire d'urgence.

« Ce communiqué de Dan Nan Ambassagou utilise des termes très forts, très musclés. Normalement, c'est une milice dissoute par l’État. Sur le terrain, ça n’est pas le cas. Si Dan Nan Ambassagou effectivement applique le contenu de son communiqué qui est une menace, nous pouvons craindre une déflagration, un conflit généralisé et c’est ce qui pourrait amener à une guerre civile. Je pense qu’il faut faire confiance un peu à la résilience des communautés.

Les Dogons et les Peuls vivent ensemble depuis des siècles. Ils ont tissé entre eux beaucoup de compromis. Ils ont des économies qui ne sont pas concurrentielles mais complémentaires. Il y a eu beaucoup de brassages entre les deux ethnies.

Cela peut encore sauver la situation. Mais il faut que l’État également, et les partenaires qui sont sur le terrain, bougent et bougent très vite », alerte le spécialiste.

Source : RFI Afrique

 

 

Mali : selon l’ONU, les chasseurs dozos sont responsables de l’attaque meurtrière de Koulogon

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Après plusieurs mois d’investigations, la mission de l’ONU au Mali a rendu public son rapport d’enquête sur l'attaque de Koulogon, qui a fait 39 civils tués, tous peuls, le 1er janvier. Si le rapport pointe du doigt les chasseurs traditionnels dozos, les familles des victimes se disent inquiètes de les voir un jour jugés.

Le rapport définitif sur l’attaque du 1er janvier dernier à Koulogon, très attendu, est sans appel. « Nous avons identifié les auteurs de l’attaque de Koulogon, a précisé Guillaume Ngefa, directeur de la division des droits de l’homme de la Minusma, la mission de l’ONU au Mali, en rendant public ce rapport le 6 juin. Il s’agit des chasseurs traditionnels dozos. Ils étaient accompagnés d’une dizaine d’individus en tenues civiles. Ces individus sont formellement identifiés comme étant des résidents des villages voisins ».

Le rapport de l’ONU va plus loin. Lors de cette attaque, les Dozos n’auraient pas utilisé que des armes de chasse, ce qui expliquerait en partie, selon l’ONU, le nombre élevé de victimes, au total 39 membres de la communauté peule.

Les Peuls étaient visés

« Les assaillants ont utilisé des armes de guerre de type AK-47 et l’attaque a fait 37 morts sur place et deux autres personnes ont succombé à leurs blessures », a affirmé Guillaume Ngefa. Selon ce rapport, les Peuls étaient systématiquement visés, dont certains « étaient tués dans leur maison ». Mais contrairement à l’attaque de Ogossagou, qui a fait au moins 160 morts au mois de mars dernier, les assaillants de Koulogon ont épargné les femmes.

À Koulogon, « le groupe d’assaillants a d’abord fait sortir les femmes se trouvant dans la case de la femme du chef du village, avant d’attaquer les hommes qui se trouvaient dans la case principale du chef du village peul », a expliqué Guillaume Ngefa.

Ce jour-là, près de cent hommes armés ont attaqué le petit village peul de Koulogon, dans le centre du Mali. La mission de l’ONU au Mali, dont une partie de son mandat consiste à protéger les civils, avait dépêché une équipe de dix personnes, huit de la section des Droits de l’homme et deux policiers spécialisés en balistique.

Pour élaborer son rapport, la commission de l’enquête a interviewé 110 personnes, tout en reconnaissant que certains témoins ont eu peur. « Les chasseurs dozos menacent les populations, y compris la communauté dogon qui, par peur, coopère de moins en moins avec les enquêteurs », a regretté Guillaume Ngefa.

Les familles des victimes inquiètes

Si ce rapport de la Minusma était très attendu, il n’a néanmoins pas de valeur juridique et ne peut pas peser directement sur les personnes arrêtées dans le cadre de cette affaire. Les responsables de la Minusma ont d’ailleurs évité de citer les noms des personnes identifiés comme étant les auteurs de l’attaque de Koulogon. La Minusma affirme que quatre personnes ont été arrêtées par la justice malienne et quatre autres sont sous contrôle judiciaire.

« C’est un travail qui revient à la justice malienne, pas à nous », a précisé Guillaume Ngefa. Le rapport contient néanmoins « des informations qui doivent aider la justice malienne dans son travail et aider l’opinion à être éclairée sur ce qui s’est passé », selon l’auteur du rapport.

Ce qui ne rassure pas les victimes et les parents des victimes. « Ce rapport de la Minusma ne nous servira à rien, car nous sommes sûrs qu’il y a une collusion entre l’administration et ceux qui nous ont attaqué. Donc on ne s’attend pas à de la justice dans cette affaire », a déclaré à Jeune Afrique Aminata Diallo, rescapée de l’attaque de Koulogon, lors de laquelle elle avait perdu son frère Abdoulaye et son oncle Adama.

Les responsables seront-ils jugés ?

Le procureur du tribunal de Mopti, conscient de l’inquiétude des victimes, tente pourtant de rassurer. « Nous avons reçu les ordres de notre hiérarchie d’aller au plus vite dans les enquêtes de l’attaque de Koulogon, mais nous travaillons avec des moyens qui ne sont pas à la hauteur de notre mission et nous sommes confrontés à l’insécurité du terrain », a précisé le procureur Maouloud Ag Najim.

« Des personnes affiliées à des chasseurs dozos sont formellement identifiées comme membres des auteurs de l’attaque de Koulogon, ils sont en prison en attendant leur jugement, a précisé  Maouloud Ag Najim. Mais pour qu’ils passent devant un juge, il faudra d’abord boucler l’enquête, ce qui va prendre du temps car nous continuons les écoutes ».

Depuis le début de l’année, l’ONU a recensé 92 incidents en termes de violation des droits humains, sur fond de tension communautaire, qui ont fait 250 morts dans le centre du Mali.

Source ; jeuneafrique.com

 

 

Libye : les forces de Fayez al-Sarraj reçoivent des dizaines de blindés pour contrer le maréchal Haftar

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Les forces du Gouvernement d'union nationale (GNA) basé à Tripoli ont annoncé samedi avoir reçu des dizaines de blindés en renfort pour repousser les troupes du maréchal Khalifa Haftar qui mènent une offensive contre la capitale libyenne.

« Le GNA fournit à ses forces qui défendent Tripoli des blindés, des munitions et des armes qualitatives, en préparation à une vaste opération pour anéantir les rebelles du criminel de guerre, le rebelle Haftar », a indiqué sur sa page Facebook le bureau des médias du « volcan de la colère », nom donné à la contre-offensive du GNA.

Ce bureau a publié des photos de dizaines de véhicules blindés sur le quai du port de Tripoli. Un porte-parole des forces du GNA a confirmé l’arrivée de renforts, sans donner de détails sur leur origine.

D’autres photos circulant sur les réseaux sociaux montrent des véhicules déchargés d’un cargo au nom d’Amazon. Selon le site Vesselfinder, le navire battant pavillon moldave était parti du port de Samsun dans le nord de la Turquie.

Violation de l’embargo

La Libye est sous un embargo sur les armes depuis la révolte de 2011 qui a renversé le régime de Mouammar Kadhafi. Mais selon l’ONU, cet embargo est régulièrement violé par les différentes forces en présence en Libye.

Le maréchal Haftar est accusé par ses détracteurs de recevoir un soutien militaire, notamment des dizaines de blindés, des Émirats arabes unis et de l’Égypte. En retour, Haftar accuse la Turquie et le Qatar de fournir des armes à ses rivaux.

Dans son dernier rapport en septembre, le groupe d’experts de l’ONU sur la Libye a noté une « constante augmentation » du nombre des véhicules blindés chez les forces du maréchal Haftar, « sans qu’aucune demande de dérogation correspondante n’ait été déposée ».

Selon ce groupe, le transfert de véhicules blindés en Libye nécessite une dérogation, conformément à la résolution de l’ONU interdisant le transfert d’armes vers ce pays.

Champ libre pour Daesh

Le maréchal Haftar, maître de l’est libyen, mène depuis le 4 avril une offensive pour conquérir la capitale libyenne. Mais ses forces font face à une opposition farouche de la part de celles du GNA, reconnu par la communauté internationale. Si les positions militaires sont figées, des combats ont toujours lieu aux portes de Tripoli, notamment dans la banlieue sud.

Focalisés sur leur affrontement, ils ont laissé le champ libre à l’État islamique dans le centre et le sud du pays. Même affaiblis, les jihadistes sont toujours actifs.

Samedi, deux gardes ont ainsi été tués dans une attaque revendiquée par le groupe État islamique (EI) contre un barrage de sécurité, dans le centre de la Libye, la troisième du genre en deux semaines visant les forces loyales au maréchal Khalifa Haftar.

Source : jeuneafrique.com