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Interviews en Mauritanie

Interviews en Mauritanie

Ould Sidi Babe : le renoncement des comploteurs en 1979, au Sahara occidental est inacceptable...

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Vidéo. Ould Sidi Babe : le renoncement des comploteurs en 1979, au Sahara occidental est inacceptable...L’ancien ministre Ahmed Ould Sidi Babe a déclaré, que la renonciation des officiers de l’armée, qui ont comploté contre l’ancien président Mokhtar Ould Daddah, au Sahara occidental est inacceptable car il a cédé une partie du territoire national, dont les raisons de sa défense se justifient clairement.

Il est donc inacceptable que les comploteurs viennent sceller un accord qui change les données. Ould Sidi Babe, qui s’exprimait dans le cinquième épisode de l’émission "carnets nationaux", a ajouté que cette concession du territoire est contraire à ses positions lui et ses collègues du gouvernement renversé.

Ceci m’a poussé d’ailleurs – à l’époque- a dénoncé une lettre (de soutien) adressée par mon groupe social (tribu), au comité militaire d’antan, dans laquelle, certains y ont inséré mon nom. Je suis allé rencontrer le Wali de l’Adrar pour m’assurer que mon nom ne figure pas dans cette lettre.

Source : http://nawafedh.com/
Traduit par adrar.info




 

Entretien avec Ahmed Ould BAH, Candidat à la mairie de Tevragh Zena

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Dans le cadre de la campagne électorale pour les élections municipales, GPS a rencontré Ahmed Ould Bah, candidat à la mairie de Tevragh- Zeina, qui a bien voulu lui accorder cet entretien exclusif très intéressant et instructif.

 

« Cette ville est d’abord mienne et je lui dois, à elle et à ses habitants, un engagement réel, pour la correction du cadre de vie général, l’émancipation de sa jeunesse, le réaménagement de l’esthétique urbaine, la réhabilitation d’un certain savoir-vivre…»

 

GPS : Monsieur Ahmed Ould Bah, vous êtes candidat à la mairie de Tevragh Zeina. Présentez-vous aux lecteurs et aux électeurs.

Ahmed Ould Bah : Je m’appelle Ahmed Ould Bah, natif de Tevragh Zeina, universitaire, homme d’affaires, citoyen de ma commune et homme d’idées. Je suis tout pétri aux valeurs de la démocratie vraie, particulièrement enclin à la défense des droits de l’homme, et porté à la promotion d’une société juste, où mes compatriotes et citoyens jouissent du bien-être et de la paix commune. Je cultive l’esprit de partage, m’attache aux valeurs islamiques, et croit fort en cette Mauritanie invincible, condamnée par sa beauté actuelle et par son rayonnement passé à se forger, inexorablement, un futur merveilleux.

GPS : Pouvez-vous nous expliquer ce qui a motivé votre décision à briguer la mairie de Tevragh-Zeina?

Ahmed Ould Bah :Il y a des motivations subtiles, qui sont du ressort de l’âme profonde et qui, pour  s’exprimer, s’appuient sur un faisceau de valeurs, de principes de base, de challenges personnels, d’ambitions spécifiques. Et, si je vous dis que tout cet éventail, fonderait dans son ensemble mon engagement politique pour la mairie de Tevragh Zenia (rires !) ? Certes, j’y suis né. J’y ai grandi. Mais je me suis surtout habité par des desseins majeurs de servir la communauté, de servir les autres et d’apporter, tel que je le peux, et comme je le conçois, mon concours personnel à l’édification de la nation. Je professe, de par mon éducation, des idées de partage et rêve de vivre, et de voir vivre les miens, dans un cadre citoyen moderne, où sont réunies toutes les conditions de bien-être, d’entente générale, de propreté physique et morale. Dans un premier temps, je me dis que le travail municipal constituerait un cadre adapté, pour l’affirmation de mon énergie citoyenne et pour la concrétisation de tous ces rêves, nourris depuis toujours.A Tevragh-Zeina, je suis d’abord chez moi. Et je me sens personnellement concerné, par devoir et par proximité, par les soucis quotidiens, les insuffisances générales, la gestion des affaires communes, les petits blocages, etc.Cette ville est d’abord mienne et je lui dois, à elle et à ses habitants, un engagement réel, pour la correction du cadre de vie général, l’émancipation de sa jeunesse, le réaménagement de l’esthétique urbaine, la réhabilitation d’un certain savoir-vivre et l’organisation, ferme et réfléchie, du mouvement des gens et du trafic routier.Comme vous voyez, je suis donc animé par un gros rêve qui ne sera pas impossible mais qui nous coûtera, à mon équipe municipale et à moi, beaucoup de sacrifice.Nous en sommes conscients mais devons surtout, dans un premier temps, rompre ce rapport négatif, longtemps entretenu entre des populations négligées et des mairies négligentes.

Je suis là pour instaurer la confiance, réhabiliter la dignité du citoyen et promouvoir une approche neuve de la gestion de la cité.

GPS : A en juger de vos grands rêves pour la commune, votre programme électoral, sans doute multidimensionnel, doit être particulièrement dense. Avez-vous la certitude d’y avoir tout prévu et de pouvoir le mettre, une fois élu, en application ?

Ahmed Ould Bah : Je ne saurai m’engager sur un programme que je ne peux exécuter. Cela aurait gravement écorché mon engagement partisan et préjudicié à l’amour que je porte, sincèrement, à Tevragh Zeina et à ses habitants. Bref, notre programme de mandat ressort d’une vision panoramique des affaires de la cité. Il égrène, au problème près, l’ensemble des préoccupations de la ville, aussi bien ce qui touche la vie immédiate des gens que ce qui se rapporte à l’organisation globale des façades urbaines, des voiries, de l’hygiène publique, etc.

Notre programme réserve une place de choix à la jeunesse, considérée comme le gisement des futurs talents et le relève incontournable de l’élite locale. Pour cela, nous comptons poser des passerelles durables de communication et d’écoute. L’idée d’un conseil local de la jeunesse, issu de la mairie, serait à notre avis un beau repère structurel, pouvant être amélioré plus tard, afin d’épouser les contours d’une spécifique mission, axée sur la défense des doléances et préoccupations des jeunes.

En parallèle, nous devons interpeller les pouvoirs publics en constance et servir de relai durable aux voix de nos jeunes. Cet engagement pour la jeunesse s’exprimera aussi sous d’autres angles. Ainsi, à la base, voudrons-nous initier, en collaboration avec les écoles, un accompagnement précoce de nos petits talents, à travers la supervision mutuelle des aptitudes exceptionnelles et des facultés particulières.

La femme constitue une priorité à nos yeux et comptons lui rendre un hommage actif, en l’impliquant davantage dans les affaires de la commune. En fait, nous cherchons à mettre en place un esprit modèle de gestion et d’organisation, où la femme, érigée en symbole de générosité et de compétence, conquiert tous les rouages et s’affirme dans tous les domaines.

L’un de nos grands défis reste la préservation d’un cadre de vie sain où l’immobilier s’élève en symbiose avec l’esthétique du cadre et la propreté de l’espace. Tevragh Zeina se transforme rapidement et requiert une prise en charge conséquente de son esthétique et de sa salubrité. Le pari de la propreté de ville nous interpelle et devance nos priorités. Beaucoup de choses manquent à Tevragh Zeina ; tels que les espaces verts, les jardins d’agrément, les circuits de jogging, les parkings pour les voitures, les piscines municipales, les parcs d’attraction, les parcs zoologiques…. Mais nous savons par où commencer !

L’une de nos plus grandes préoccupations est aussi, et surtout, de pouvoir rouler sûrement à Tevragh Zeina. Il est nécessaire de réfléchir à des solutions durables pour une circulation automobile à la fois fluide, évoluée et civique. Nous sommes pour le confort de l’automobiliste mais aussi, plus que tout, pour sa sécurité et son respect à lui-même. Un travail de profondeur doit être mis en œuvre pour briser la culture du désordre, instaurer « la confiance de la chaussée » entre le chauffeur et l’agent public, entre les usagers et la commune…. Cela se fait par l’équité, la fermeté et l’écoute citoyenne.

D’autres questions, et pas des moindres, accaparent toute notre attention, comme la valorisation de la culture, la promotion du sport, le respect de la diversité et la préservation de la concorde. Nous sommes pour une cité de la diversité et de l’entente.

Notre cité doit rester celle de la diversité harmonieuse, riche de nos couleurs, de nos traditions et de nos mœurs. La qualité de la vie à notre sens dépend aussi de nos capacités de communion, de notre passion du partage et de notre respect imperturbable de la différence et de la pluralité.

Il faut aussi préciser que notre commune abrite des universités, des écoles professionnelles et de nombreux instituts. Elle doit alors, dans la limite de ses vacations, valoriser l’élément humain, suivre l’élite prochaine, se concerter avec les structures d’enseignement et capitaliser de manière étudiée les fruits de l’éducation. Un tel pari nécessite l’engagement continu d’acteurs multiples et le recours constant à des méthodes de programmation, de concertation et d’interaction. C’est notre conviction !

Pour ce qui est du sport, nous comptons pouvoir parrainer plus d’un club dans la cité à l’image du FC Tevragh Zeina qui se maintient toujours dans de belles postures de saison. Nous comptons aussi asseoir, avec le concours des responsables de la jeunesse, les bases d’une activité sportive plurielle. Il faudrait que tous les talents, dans toutes les disciplines, trouvent l’occasion de s’exprimer et soient reconnus. Pour ce faire, nous envisageons l’organisation d’un forum des sports où les participants, issus de Tevragh Zeina, auront à produire, sur tous les sujets, des échanges pertinents.

Nous envisageons aussi d’initier et de faire appliquer une stratégie de lutte contre la mendicité. Aussi, pensons-nous organiser un recensement méthodique des foyers de pauvreté et dresser, si possible, une liste nominative des personnes éligibles à l’assistance sociale. Cela facilitera l’organisation de campagnes d’aide, de distribution de vivres et d’assistance générale aux personnes démunies.

Voici donc les grandes lignes de notre programme. Le programme détaillé est disponible dans notre siège et sur notre page Facebook.

GPS : Et votre campagne ? Comment est-ce que vous la menez ?

Ahmed Ould Bah : Elle battait son plein. Aujourd’hui, nous abordons la ligne de sprint. Nous estimons avoir répondu aux attentes de nos électeurs par des échanges directs, transparents et sincères.

Nous avons organisé durant cette campagne des soirées électorales à notre siège en face de l’hôtel Monotel Tfeila, où nous avons expliqué à nos membres et sympathisants notre programme. Par notre discours politique, nous avons drainé de nouveaux sympathisants qui adhèrent à notre discours et à notre programme.

En parallèle, nous procédons à un travail de terrain qui consiste à faire le porte-à-porte et qui s’avère extrêmement bénéfique. Une jeunesse enthousiaste et engagée grossit chaque jour nos rangs, et nous permet d’envisager le scrutin du 1er septembre avec beaucoup de sérénité.

GPS : Etes-vous confiant ?

Ahmed Ould Bah :Tout à fait confiant ! Sinon j’aurais jeté le manche et jeté la cognée (rires). J’ai surtout confiance en la maturité de nos électeurs, et je suis rassuré quant à l’effet de notre programme, fédérateur et convaincant.

Mon énergie est aujourd’hui focalisée sur les rencontres, les meetings, les débats et le travail de terrain. Je veux rester efficace !

Je lance un appel aux électeurs pour voter en faveur du fils de Tevragh Zeina, qui y va avec le cœur, muni de sa confiance en eux, et motivé par l’idée d’une commune, fondée sur la sincérité, le plaisir de servir et l’amour du citoyen.

Entretien réalisé par gps.mr

 

 

Interview / Ahmedou Ould Abdallah : « La priorité, aujourd’hui est d’arrêter, au plus vite, la spirale suicidaire qui nous entraîne vers une catastrophe»

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Mauritanie : Les changements des symboles du pays critiquésNotre compatriote Ahmedou Ould Abdallah, qui s’est illustré dans la diplomatie internationale, vient de boucler, pour le compte de la Francophonie, une assez longue mission au Gabon où s’y déroulait un scrutin présidentiel pour le moins compliqué.

Il se trouve actuellement à l’étranger où nous l’avons accroché pour le plonger dans notre univers politique peu brillant avec cette question lancinante de tripatouillage de la constitution… Et bien d’autres sujets de chez nous : la réforme de l’état civil, la question du drapeau, de l’hymne national…

Il a accepté de répondre, comme toujours, avec élégance et franchise, aux questions de Biladi.

Biladi : Depuis quelques semaines l’actualité nationale est dominée par les points proposés à l’ordre du jour du dialogue politique. Les sujets de discussion ont porté, entre autres questions, sur la modification du drapeau national ainsi que de l’hymne national. Qu’en pensez-vous ?

Ahmedou Ould Abdallah
(AOA) : Face aux difficultés quotidiennes rencontrées par les citoyens ainsi qu’aux défis sécuritaires qui s’accumulent, chez nous et dans la région, parler de la modification du format du drapeau national et de la reformulation de l’hymne national sont-elles vraiment prioritaires ou même nécessaires?

Les mauritaniens, comme tous ceux qui suivent l’actualité régionale du Maghreb/Sahel, en tombent des nues et se demandent si nous ne somment pas sur une autre planète.

Une élite nationale responsable doit pouvoir trouver un consensus sur les problèmes prioritaires du pays, c’est-à-dire ceux qui déterminent sa pérennité. Elle ne peut continuer à promouvoir ce qui distrait des problèmes fondamentaux ou divise les populations.

Face à d’immenses besoins nationaux, les priorités sont connues. Les dépenses doivent être affectées au renforcement des institutions, la lutte contre le chômage, en particulier celui des jeunes, l’éducation technique, la santé publique, l’urbanisation de la capitale où sont concentrés près de 30 % de la population, la lutte contre la corruption et le soutien à la compétitivité de nos hommes d’affaires en Afrique de l’Ouest, au port de Nouakchott et aux routes vers ces pays, pour l’accès à leurs marchés.

Un gouvernement qui ignore ces priorités a des problèmes qui relèvent, ou de l’irresponsabilité ou de l’incompétence.

A cet égard, les symboles de l’Etat font partie de leurs identités et doivent, à ce titre, être protégés. S’ingénier à vouloir les modifier, outre qu’elle n’est nullement prioritaire, une telle intervention n’a pas de sens. Par ailleurs, leur modification a souvent engendré des malheurs et une revanche de l’Histoire. On l’a vu avec le maréchal Mobutu et la colonel Kadhafi dont les drapeaux n’ont pas survécu à leurs règnes. Il faut tout faire pour éviter le ridicule avec de faux débats d’un autre temps: changer les emblèmes nationaux, les noms de familles, celui du pays ou le transfert de capitale.

Je ne peux comprendre que le président Ould Abdel Aziz se laisse fourvoyer dans ce genre d’exercice.

Biladi : Ce genre "de réforme" a-t-il un lien avec celui qui a proposé de mettre fin à notre fameux "Ould" comme composante des noms de familles ?

AOA :
D’abord une anecdote. Il y a environ deux ans, un haut responsable de notre pays annonçait fièrement, à un officiel d’un pays du Golfe, ceci: "désormais, le Ould va disparaître de nos papiers d’identité". Son interlocuteur, dont le pays n’a aucune intention de supprimer le si caractéristique "Al" de son patrimoine, lui répondit sèchement : "que vous restera-t-il alors" ?

Sur le fond, à l’époque où, de par le monde, les peuples luttent pour préserver leurs identités et leurs images, cet acharnement à gommer tout ce qui nous caractérise - drapeau, hymne national et le Ould si Mauritanien - est pour le moins sidérant.

Comme nous, de nombreux autres peuples ont des particules attachés à leurs noms de familles : justement le "Al" du Golfe, le Oglu des Turcs, le Van des Néerlandais, etc. En 2001 et 2010, de jeunes Mauritaniens, interpellés par la police aux Etas-Unis et en Belgique, ont été libérés grâce à leur identité avec Ould, alors non associée au terrorisme ou à la criminalité.

Enfin, au-delà de ce propos, cette particularité, le Ould, est commune à tous les Maures du Sud Maroc aux confins septentrionaux du Niger en passant par le Azaouad du Mali et de villes algériennes dont Tindouf. N’avons-nous pas, en Mauritanie, seul pays ou ce groupe exerce le pouvoir, d’autres priorités à mettre en œuvre que cet acharnement à nous éloigner de cet héritage Hassanophone ?

Il se dit que c’est souvent par manque de recul historique que nous adaptons ces comportements si nuisibles à notre image dans la région et au-delà. Mais cette manie de vouloir tout changer, y compris de capitale, outre son côté puéril et financièrement irresponsable, est un dangereux exercice de dépossession d’identité.

Biladi : Dans l’esprit de bien des gens, le véritable objectif du dialogue national portait essentiellement sur la réforme de la constitution ou, en d’autres termes, la révision de la constitution pour mettre fin à la limitation du nombre des mandats présidentiels. Mais le président vient d’affirmer qu’il ne sollicitera aucun nouveau mandat. Votre opinion sur ce sujet ?

AOA :
A cette question, mon premier réflexe est d’y répondre par une autre : troisième mandat, ou pas, mais pourquoi faire ? Cette question de troisième mandat est un faux débat, non parce qu’elle ne devrait pas être posée, bien au contraire, mais parce qu’elle en occulte une autre question, véritable celle-là, et qui se trouve en panne depuis bien longtemps.

Comment, avec ou sans un troisième mandat, mettre fin à la dérive politique qui dure depuis plusieurs décennies. Elle a "informalisé" l’administration, puis l’économie nationale et, aujourd’hui, elle ne produit plus que ce qui, à l’intérieur, comme à l’extérieur, divise davantage nos compatriotes et affaiblit l’Etat ? Comment mettre le pays sur le bon chemin et l’y amarrer est la toute première exigence pour gérer le lancinant problème de l’unité nationale. Une autre question est comment être plus réaliste et travailler, plus et mieux, en particulier avec le Maghreb et le Sahel.

De fait, si l’actuel président, comme il l’a juré solennellement, et confirmé ces jours - ci, ne se présentait effectivement pas, le règlement des problèmes structurels nationaux serait- il, pour autant en bonne voie?

Avec un focus uniquement sur le troisième mandat, la classe politique, toutes appartenances confondues, et une partie de la société civile, ont exposé leurs projets et le pays à plusieurs risques.

Le premier est celui de voir le président trouver la méthode et la procédure légales qui lui permettent de garder le pouvoir et même d’y revenir formellement au bout de cinq ans. A cet effet, il lui suffira de choisir un successeur et de s’assurer, les choses étant ce qu’elles sont chez nous, de son élection à la présidence. Le statu quo actuel, c’est-à-dire la gestion patrimoniale du pouvoir, en place depuis des décennies, se poursuivra. Le sujet du troisième mandat a fait oublier bien des choses. De fait, pour ne citer que ces cas, qui pense encore à Poly Hondone pour la pêche ou au prêt accordée par la SNIM pour l’aéroport de Nouakchott, ou aux projets en cours ?

Le second risque, encore plus sérieux, parce que non conjoncturel, est celui de fragiliser davantage une classe politique déjà très éclatée par la faiblesse des solidarités entre ses membres. Les contradictions internes entre leurs différentes composantes, dans la majorité comme au sein de l’opposition, vont s’exacerber bien davantage au détriment des questions de fond.

Les acteurs politiques doivent faire une pause pour évaluer la situation du pays. Elle servira à organiser un véritable débat national dans le but d’aider les dirigeants, actuels et futurs, à atteindre un consensus autour des grandes orientations stratégiques : diplomatiques, sécuritaires et économiques. L’établissement d’un Conseil National de Sécurité, ou son équivalent, évitera la privatisation des intérêts fondamentaux du pays.

Enfin et surtout, le trop grand focus sur la prochaine présidentielle, au plus tard en 2019, retardera la recherche de solutions durables à nos véritables problèmes nationaux : la cohabitation, désormais difficile, entre les différentes composantes nationales.

Biladi : Compte tenu de votre expérience, ici et ailleurs, que suggérez-vous aux différents acteurs nationaux pour éviter un dérapage fatal à notre pays ?

AOA :
D’abord deux observations. Diriger un pays au jour le jour par une série de coups politiques – débaucher des opposants, prendre des mesures démagogiques, boycotter des pays ou des organisations internationales – n’est ni suffisant ni acceptable de nos jours. Ces pratiques ne renforcent pas les structures étatiques et ne garantissent pas la paix. Par ailleurs, et contrairement à ce qui se dit dans notre pays, la pérennité des Etats mal gérés n’est pas assurée.

La Yougoslavie, naguère leader des pays non alignés, s’est effondrée, remplacée par plusieurs nouveaux Etats. La Somalie, jadis un état unitaire peuplé d’une population homogène, pratiquant la même religion et parlant la même langue, est aujourd’hui un pays déchiré par les rivalités tribales. Depuis 2010, le Soudan, indépendant depuis 1956, est coupé en deux Etats souverains et une guerre civile se poursuit dans ces deux composantes.

Un Etat moderne, qui vit dans la réalité du monde actuel, doit faciliter la cohabitation de ses citoyens au-delà de leurs rivalités politiques, ou appartenances sociales, ethniques, tribales et régionales. Sur ce plan, l’élite dirigeante doit se montrer plus inclusive, plus tolérante, bref plus de son temps.

Partout où elles ont sévi - Afrique, Asie et Europe - les idéologies raciales du siècle dernier, ont échoué. Et toujours au détriment de leurs premiers promoteurs. Devrons-nous continuer à encourager nos compatriotes dans la voie de la division et de la séparation, puis évoquer un complot international dirigé contre notre pays? Certainement pas.

Comme dans la plupart des Etats du Maghreb et du Sahel, notre pays connait un système de castes et d’ethnies qui vivent sur le même espace territorial. Cette diversité, au lieu d’évoluer pour nous enrichir, s’est cristallisée en menace pour tous.

Précisément, le rôle du groupe dirigeant est d’être ouvert. La priorité, aujourd’hui est d’arrêter, au plus vite, la spirale suicidaire qui nous entraîne vers une catastrophe. Les responsables doivent revenir à l’esprit traditionnel de détachement qui est en fait une pratique de tolérance sociale. Celle-ci existe dans la région Maghreb Sahel. Sur ce point, chacun sait ou devrait savoir que, contrairement à un individu, un Etat ne peut pas déménager. Nous devons vivre avec notre situation géographique.

Dans ce contexte Maghreb / Sahel, pour ne pas continuer à nous singulariser, trois urgences doivent être définitivement résolues.

D’abord les populations de la Vallée, traumatisées par les évènements des années 1987 – 91, doivent être pleinement rassurées, et se rassurer, quant à leur appartenance à la Nation. Ensuite, la question Haratine, un exemple de notre incompétence politique, doit rester ce qu’elle est, un problème de liberté, de droits de l’homme, d’inclusion économique et non une crise ethnique. Enfin, il est urgent de cesser de se créer de nouvelles fissures dans le tissu social. Ainsi, l’application de la rigueur de la loi – la peine de mort – prononcée uniquement à l’encontre d’un jeune de Nouadhibou, issu d’un milieu dit de castes, aggrave notre situation. Dans l’intérêt du pays, sa libération est un impératif.

Propos recueillis par Moussa O. Hamed
Source : Rmibiladi (Mauritanie)

 

 

La bande des vingt-trois

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Faits divers... Faits divers...Le mois passé, les grands centres commerciaux de Nouakchott ont subi des séries de vols de coffres-forts et d’argent liquide. Le marché Capitale s’est notamment vu délesté de deux grands coffres-forts, lourds de plusieurs millions en devises.

Une bande de malfaiteurs dotés d’armes à feu s’en sont pris aux gardiens du marché, la nuit. Point de victimes, heureusement, mais un butin on ne peut plus conséquent. Même scénario en diverses autres boutiques et magasins du quartier et de Sebkha. Une boutique de la Medina R s’est même vue amputée de huit millions huit cent milles ouguiyas !

Largement de quoi mettre la police sur les dents. Sans grands résultats. Jusqu’à ces derniers jours où des éléments de la fameuse BRB raflent deux récidivistes : Mohamed « Gang » et « Aziz » ; dans le cadre d’une autre enquête. L’audition des deux suspects ouvre une piste.

Le CSPJ transmet, illico, le « tuyau » au commissariat Arafat 4. Et voilà le repaire de la bande aux coffres-forts encerclé, au quartier PK 10 de Riyad. Le chef n’est autre que le fameux récidiviste Saïd Sarr, tout juste sorti de prison. Il est arrêté avec ses vingt-trois comparses. Déférés au Parquet de la wilaya-sud, quinze d’entre eux sont écroués, les autres placés sous contrôle judiciaire.

Duel de deux titans

L’accalmie, au populeux quartier Dar El Beïdha, n’a pas fait long feu. Les habitants ont passé, jeudi dernier, une folle nuit de terreur et d’angoisse. Vers une heure du matin, des tirs d’armes légères y ont, en effet, retenti. Les rares personnes encore dehors se sont hâtées de rejoindre leur domicile pour se barricader. Transis de peur, on écoute…

Les tirs cessent un moment… avant de reprendre, de plus belle, dans une autre rue ! Les protagonistes semblent donc se déplacer à vive allure. Une attaque terroriste ?

Non, ce sont deux bandits de grands chemins qui s’affrontent. Diyah « Stup », fraîchement relâché de prison, se dispute, avec le non moins fameux Ely Lahmar, alias « L’Artiste », le butin de quelque opération effectuée de conserve. Comptant sur sa force physique et son grand gabarit, Ely veut la part du lion.

Mais Diyah vient de se doter, lui, d’un fusil de type G 3 volé, tout dernièrement, chez un particulier d’Arafat ! Sous la menace de l’arme, Ely prend la fuite. Grâce à Dieu, Diyah est piètre tireur et, courant au hasard, canarde à tout va, alors que « L’Artiste » est déjà bien planqué.

L’affaire se clôt vers deux heures du matin : des éléments de la BRB ont réussi à mettre la main sur les deux bandits, saisissant le fusil, au grand soulagement des habitants du quartier. Les deux repris de justice ont regagné, un peu plus tard, les cellules qu’ils venaient tout juste de quitter, à la prison de Dar Naïm.

Deux grands pickpockets coffrés

Le marché Capitale reste, pendant la journée, la destination privilégiée des pickpockets et voyous de Nouakchott. De longues heures aux aguets de la moindre occasion de dérober quelque marchandise ou sac à main, fort d’objets de valeur et/ou d’argent. Postes de police, rondes et patrouilles n’y font rien et le phénomène perdure, prend de l’ampleur.

Tout dernièrement, une commerçante a été sauvagement assassinée, juste avant la tombée de la nuit. Un meurtre qui a obligé les autorités à renforcer la sécurité. Des policiers en tenue et en civil ont commencé à tenir un œil plus conséquent sur les boutiques et leurs clients.

Pendant trois semaines, on n’a plus enregistré le moindre vol ou braquage. Mais, au premier relâchement de la surveillance, braquages et vols à l’arraché ont repris de plus belle. Ces derniers jours, plusieurs clientes et vendeuses ont ainsi été délestées de leur sac à main ou téléphone portable.

Aussitôt, le poste de la BRB dirigé par Hammoudi a repris sa traque au marché. Et, illico presto, voilà deux pickpockets connus des fichiers de la police pris en flagrant délit ! Embarqués au commissariat spécial de la police judiciaire, Hassen « Loujeh » et Salek « Bira » y ont été gardés à vue, avant d’être déférés et écroués.

Mosy
Source : Le Calame (Mauritanie)

 

Le coaching, un concept novateur pour la Mauritanie : Quelques questions à Magali Boivert

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Nous avons rencontré Magali Boivert, installée depuis 3 mois à Nouakchott en tant que coach de vie de d'entreprises, un service inédit en Mauritanie. Nous l'avons interviewé afin d'en savoir plus son activité.

D'où venez-vous ?

Mes racines sont dans la terre, j'ai grandi dans une ferme au pied des montagnes du Jura à l'est de la France non loin de la Suisse, dans une culture traditionnelle avec des valeurs fortes. Je viens d'un milieu simple et humble.

Quel est votre parcours ?

Pendant plus de 15 ans, j'ai travaillé pour les services communication d'associations humanitaires et de développement en tant que chargée de communication, photographe ou vidéaste sur le terrain. J'ai passé la moitié de ma vie professionnelle sur le continent africain. L'autre moitié s'est déroulée aux sièges à Paris et à Bruxelles de Médecins Sans Frontières essentiellement et quelques temps aussi avec l'UNICEF, j'étais gestionnaire de projet. Pendant les périodes où j'étais en Europe j'étudiais pour obtenir différents diplômes en sciences humaines dont celui de coach de vie et d'entreprise, notamment.

Comment devient-on coach ?

Il faut des prédispositions humanistes, de la curiosité et un long travail sur soi-même. Le coach doit savoir repérer et maitriser les processus relationnels, c’est-à-dire la façon dont des relations s’établissent et se développent en fonction d’objectifs conscients ou inconscients. Pour y arriver, cela demande beaucoup d'observation, une riche expérience de vie, avec l'assimilation de connaissances dans le vaste domaine des sciences humaines et sociales.

Pourquoi aller voir un coach ?

Je pense qu'il est sain de se demander comment s'adapter dans une société malade sans le devenir soi-même. Les personnes qui consultent ont un certain besoin d'évolution et d'équilibre. La démarche est totalement personnelle. Trouver sa place, mieux se connaitre pour se réaliser, exploiter ses dons, se sentir plus heureux, en paix avec ses choix et ses principes sont autant de raisons qui amènent des personnes à me contacter. Il n'y a pas de honte à chercher de l'aide face à des choix difficiles, lorsqu'un enfant est en échec scolaire, lorsque l'on ne s'adapte pas à une situation, lorsque l'on souffre et que l'on avance plus, ou lorsque l'on a besoin d'appui dans la concrétisation d'un projet ou d'un rêve.

Qui peut aller voir un coach ?

Tout le monde. Je travaille avec des enfants, des adolescents et des adultes de tous âges en ce qui concerne les particuliers. Aussi, les chefs d'entreprises, les ONG, les associations et les bailleurs de fonds ont besoin de fédérer des équipes multiculturelles au sein même de leurs propres établissements d'une part, et d'autre part s'appuyer sur des structures partenaires proposant des projets novateurs et structurés. Ce type de coaching s'adresse aux dirigeants, managers qui souhaitent mieux fédérer leurs équipes en pratiquant un leadership gagnant-gagnant. Le coaching d'équipes permet d'identifier les potentiels individuels et les mutualiser, maitriser le stress et gagner en efficacité, optimiser l'organisation, créer des projets ambitieux et à hauts-potentiels entre autres.

Comment vous contacter ?

J'ai une page Facebook, « Magali Boivert - Coach de vie & d'entreprise », il suffit de m'envoyer un message.

Combien coûte une séance ?

Je m'adapte au niveau de vie de chacun cela varie de 2 000 à 10 000 UM la séance, avec les entreprises, les associations, ce sont des forfaits établis selon les besoins et les budgets.

Nous souhaitons à Magali une belle réussite pour ce projet utile et ambitieux pour la Mauritanie.

Propos recueillis par Hindou Baba pour gps.mr